IL ne s’agit nullement d’un concours de circonstances. La lucidité et le professionnalisme étaient les grands absents lors de la dernière édition des Journées cinématographiques  de Carthage. Une défaillance du mode d’emploi de ceux qui veillaient sur l’organisation. A travers leur passé, leur statut et leur vocation, les JCC ne devaient pas, quelles que soient les contraintes, être accessibles à tel ou tel relâchement, à tel ou tel gâchis. A une organisation de… bas étage.

On peut longuement discourir sur la 33e édition. Sur les raisons qui ont provoqué un pareil fiasco. Il s’agit, de toute évidence, d’un revers somme toutes attendu. Notamment depuis que l’on avait changé en 2014 la périodicité de la tenue de cette manifestation, un an au lieu de deux. On évoquera, comme d’habitude, le manque de moyens, mais c’est tout particulièrement l’absence de stratégies bien élaborées et charpentées autour de réflexions portées par de grandes idées qui a empêché les JCC de s’adapter, comme auparavant, aux exigences des événements de haut niveau.

Le fiasco de la dernière édition incite à penser que c’est toute l’activité culturelle qui a besoin aujourd’hui d’être valorisée. Surélevée, notamment depuis que l’on a commencé à miser sur une conjonction de facteurs peu favorables. Et c’est précisément pour cette raison que l’on aura intérêt à revoir les paramètres de la vie et des activités culturelles en termes d’innovation, de créativité et d’investissement et non seulement de potentiel humain. D’une certaine culture de la persévérance et de la performance.

On ne cessera jamais de répéter que ce qui a été accompli depuis 2011 est loin de répondre aux aspirations et encore moins au rang et au statut dans lesquels la notion de culture peut vraiment être réhabilitée. Pour cela, nous demeurons convaincus que c’est toute une politique culturelle qui a besoin plus que jamais d’être réformée, des principes et des valeurs à restaurer.

Comme première étape de réhabilitation, le ministère de la Culture a rapidement pris la décision de revenir à l’expérience d’avant 2014 en ce qui concerne la périodicité des JCC. Autrement dit, le retour à un événement biennal. En plus clair, une année pour la préparation et une autre pour l’organisation.  L’intervention du ministère ne s’arrête pas pour autant à ce niveau. Il a même ordonné l’ouverture d’une enquête sur les péripéties ayant trait à l’organisation de ce grand événement cinématographique.

Les JCC auraient pu certainement être mieux pensées pour être mieux conçues, mais on ne l’a pas fait. C’est à ce niveau que l’on devrait progresser et travailler davantage. Car on le sait très bien, les mauvaises surprises auxquelles on a eu droit, et quelle que soit leur origine, pourraient plonger toute l’activité culturelle dans une spirale négative. On ne badine pas avec la culture.

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