Triste déclin. Sfax vit son temps le plus funeste. Surtout le plus désolant et le plus regrettable. Un temps que ses habitants n’oublieront certainement pas de sitôt. Crise environnementale, mais aussi déchirement pathétique dans les rangs des responsables. Les scènes auxquelles les citoyens ne cessent d’assister n’honorent nullement ni la ville, ni le pays.

Les révélations officielles du  porte-parole du tribunal de Sfax 1, Faouzi Masmoudi, font froid dans le dos. « L’incendie de la déchèterie de la route du port pourrait être d’origine criminelle ». D’ailleurs, une enquête a été ouverte le 16 novembre sur les circonstances de l’incendie en question dans la mesure où des indices suggèrent une origine criminelle. Aux dangers d’asphyxie, les Sfaxiens sont ainsi exposés aux dangers mortels. Ce genre d’acte, du reste récurrent, atteint des proportions inquiétantes, voire  alarmantes et dangereuses.

A Sfax, on ne retient plus que les choses négatives. Une habitude ? Certainement. Mais une habitude qui devient au fil du temps une réalité amère, triste et désagréable…

Il faut dire que la ville est ces derniers temps sujette à un  accroissement de dérives et d’irrégularités. Il semble que certaines parties n’arrivent pas à comprendre et à réaliser que Sfax est plus qu’une ville.

Le dérèglement s’est installé au moment où les intérêts des partis politiques et des lobbys aux agendas douteux avaient commencé à faire des ravages. Au moment où les mauvais choix s’étaient multipliés. Au moment où  les décisions conditionnées s’étaient accumulée. Au moment où les principes s’étaient dilués.

Conséquence logique d’une déformation visible pratiquement à tous les niveaux : une médiocrité qui n’a pas manqué d’inspirer les décideurs et les responsables les plus invertébrés, sans idées ni valeurs, et dont la seule ligne de conduite n’était autre que le populisme.

Aujourd’hui et au-delà des déceptions et des amertumes, c’est l’avenir de toute une ville, désormais loin des valeurs, des époques et des principes, qui est mis en cause. Il serait erroné, complètement erroné, d’attribuer les raisons de cette décadence environnementale aux circonstances, et encore moins à des facteurs hors circuit politique.

Pendant plus de dix années, où l’on a vu ce que l’on sait, il semble évident que l’on avait laissé Sfax, mais aussi beaucoup d’autres gouvernorats, en jachère, hors du temps et hors de l’espace, sans que le réveil en urgence et imposé par les circonstances n’ait été enclenché.

Dans un climat de médiocrité et d’impunité, la capitale du Sud a perdu sa vocation et son rayonnement, non seulement parce qu’elle n’avait plus les moyens nécessaires pour se revendiquer outre mesure. Mais tout particulièrement parce que les décideurs qui s’étaient succédé n’avaient pas assez de réflexion pour bien gérer la situation, ni assez d’initiatives pour rebondir et provoquer une recomposition des priorités.

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