Quatre ans après son lancement officiel, le programme intégré EcoPacte fait un premier bilan pour revenir sur le chemin parcouru  mais aussi pour renouveler l’engagement en faveur de la préservation de la lagune de Bizerte. L’année 2023 verra l’accélération de la mise en œuvre du programme avec le lancement de la majorité des appels d’offres.

Un événement placé sous le thème «La lagune de Bizerte, source de vie à protéger ensemble» a été organisé à cet effet, lundi 28 novembre, en présence de toutes les parties prenantes du programme de dépollution du lac de Bizerte. La journée était l’occasion d’échanger autour des défis du développement durable dans la région et de souligner, encore une fois, le profond attachement des populations riveraines à la lagune de Bizerte. 

Dhekra Gharbi, chargée de la réalisation du programme  EcoPacte, a rappelé, dans une déclaration accordée à La Presse, que le programme qui est financé par l’UE et la BEI à hauteur de 80 millions d’euros vise à initier une dynamique de développement régional durable centré autour de la lagune. En effet, EcoPacte agit à la source pour éradiquer la pollution dans la région et mettre sur pied un nouveau modèle qui fait la part belle aux activités de l’économie verte, de l’économie circulaire et de l’écotourisme et qui met en priorité la préservation de ce patrimoine exceptionnel que les riverains portent dans le cœur. Quatre axes d’intervention ont été identifiés par le programme, à savoir l’assainissement, la dépollution industrielle, la réhabilitation de la décharge de l’aciérie d’El Fouledh et l’aménagement du port de pêche de Menzel Abderrahmane avec la construction d’une esplanade côtière. Pour l’axe relatif  à l’assainissement, il vise  à améliorer le système d’assainissement à travers la mise à niveau des stations d’épuration et le démarrage des travaux d’extension pour le raccordement de certaines agglomérations aux réseaux existants. Les travaux de mise à niveau démarreront très prochainement dans les stations de Menzel Bourguiba, Mateur et Bizerte, précise la responsable. 

Implication du secteur privé et de la société civile 

Gharbi a ajouté, dans ce contexte, que le programme accorde une place particulière à la société civile en tant qu’acteur décisif dans ce processus. Moyennant des subventions octroyées dans le cadre du programme, les acteurs de la société civile de la région sont appelés à mener des actions de sensibilisation, d’éducation environnementale mais aussi de pérennisation du programme. «EcoPatce est un programme qui, tôt ou tard, prendra fin. Il faut pérenniser ces actions et passer le flambeau aux acteurs économiques et sociaux et à la population riveraine  qui doit prendre son avenir en main. Il faut perpétuer cette démarche pour assurer le développement durable qui doit passer par de nouvelles activités économiques durables.  Il s’agit de profiter du potentiel de la région, tout en préservant les écosystèmes fragiles du lac de Bizerte», a-t-elle fait savoir. Et d’ajouter: «Pour élaborer une stratégie de développement durable de la région du lac de Bizerte, qui est menée par la société civile, un travail est en train d’être effectué pour mettre à niveau ses connaissances par rapport au développement durable. La prochaine étape consiste à créer des tables de concertation dans un cadre participatif et de mettre en place la stratégie tout en travaillant à ce que la société civile s’approprie les propositions  pour le développement durable de la région»

Gharbi a, par ailleurs, précisé que sur le total des financements alloués, seul le budget consacré à la cimenterie a été, à ce jour, consommé. Selon elle, l’année 2023 verra l’accélération de la mise en œuvre du programme avec le lancement de la majorité des appels d’offres. «Nous espérons que  les entreprises participeront à ces appels d’offres et profiteront  de ces investissements disponibles afin de faire avancer les projets du programme», fait-elle remarquer. Et de soutenir: «On comprend la frustration des habitants par rapport aux délais impartis. Mais  on est sur la bonne voie, et ils vont voir leurs projets se concrétiser au début de l’année prochaine»

De son côté, Faouzi Ben Aissa, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Nord-Est Bizerte, a souligné que le secteur industriel est sensible aux défis environnementaux de la région. Cependant, les entreprises industrielles qui sont en butte à de grandes  difficultés trouvent du mal à se lancer dans de nouveaux projets verts. «On a invité toutes les entreprises industrielles et on leur a présenté les mécanismes financiers mis à leur disposition dans le cadre de ce programme mais elles sont aux prises avec des difficultés financières chroniques les empêchant de se lancer dans ces projets. Ce qui a retardé  la mise en œuvre du programme», a-t-il expliqué. 

Lors de l’événement, les intervenants ont présenté les propositions qui ont été formulées au terme de longs échanges et concertations entre les diverses parties prenantes, visant à promouvoir l’écotourisme,  l’économie verte et circulaire dans la région du lac de Bizerte. La feuille de route pour la région du lac de Bizerte est désormais fin prête. 

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