Retour à la raison ?

Editorial La Presse

 

Après des négociations éprouvantes, la commission administrative de la Fédération générale de l’enseignement secondaire a décidé de lever la rétention des notes. L’accord conclu avec le ministère de l’Education devait être signé hier.

Les deux parties sont parvenues à un accord sur les principaux points en suspens figurant dans l’accord de 2019, qui portent notamment sur l’augmentation de la prime pédagogique qui a été fixée à 300 d répartie sur 3 ans à partir de janvier 2026, 2027 et 2028,  la situation des enseignants suppléants et des directeurs et agrégés de la promotion de 2015.

Les parents d’élèves peuvent ainsi pousser un ouf de soulagement dans la mesure où les notes seront enfin remises à l’administration. Les conseils de classe, qui servent généralement pour l’évaluation des niveaux des élèves, mais jusque-là suspendues en raison de la rétention des notes, seront également tenues. 

Il faut dire qu’au-delà des modalités et des procédures propres à cet accord, les obligations et les contraintes continueront toujours à peser, voire à conditionner l’année scolaire, tant qu’on n’a pas trouvé les solutions adéquates à tout le système éducatif. Point de réformes, point de résultats et le retour à la case départ peut survenir à tout moment.

De même, l’accord en question peut-il faire oublier l’impact négatif que la rétention des notes, mais aussi des boycotts successifs des cours, a eu sur les élèves et sur toute une année scolaire à rejeter encore une fois aux oubliettes ?

Et puis, on voit encore mal certaines parties syndicales, sans réelle motivation, faire la part des choses et, en proie à toutes les dérives, revenir à la raison.

Déjà, le syndicat de l’enseignement secondaire considère les résultats de cet accord comme «un seuil minimum», compte tenu, notamment, et comme il l’affirme, de la situation économique, sociale et politique du pays. Il oublie cependant que les enseignants n’ont même pas assuré le minimum des programmes  de l’année scolaire actuelle.

Il faut dire que si les problèmes du système éducatif sont connus de tous, les solutions deviennent toutefois de plus en plus difficiles à trouver. C’est l’issue extrêmement désolante d’un secteur au sein duquel les acteurs ont perdu leur statut, mais surtout leur vocation.

Finalement, peut-on aujourd’hui considérer l’accord entre le syndicat et le ministère de l’Education comme un retour à la raison ?

En dépit d’un tel assortiment, on sait que derrière les accords habituellement conclus entre les deux parties se cachent toujours des dangers.

Mais en même temps, on ne saurait, non plus, s’interdire de penser à tout ce qui aurait dû être accompli tout au long d’une année scolaire faussée encore une fois  et dont les grands perdants sont les élèves…

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