Accueil A la une Le verdict dans le drame des nourrissons à la Rabta enfin prononcé: La vérité a-t-elle été dévoilée ?

Le verdict dans le drame des nourrissons à la Rabta enfin prononcé: La vérité a-t-elle été dévoilée ?

Après plus de quatre années, le verdict dans l’affaire des quinze nourrissons décédés au centre de maternité et de néonatologie Wassila-Bourguiba à La Rabta a été rendu. Deux des trois accusés dans cette affaire ont écopé de  10 ans de prison, alors que le troisième a été acquitté. Même si le jugement n’a pas d’effet exécutoire immédiat et qu’il peut faire l’objet d’un recours en appel, le Conseil national de l’ordre des pharmaciens de Tunisie (Cnopt) considère ce jugement «excessif» et appelle à dévoiler toute la vérité sur l’affaire.


Le Conseil national de l’ordre des pharmaciens de Tunisie (Cnopt) a appelé à la nécessité de dévoiler toute la vérité sur l’affaire du décès des 15 nourrissons au centre de maternité et de néonatologie Wassila-Bourguiba à La Rabta, a indiqué un communiqué publié par le Cnopt dans la nuit de vendredi à samedi, après l’annonce du verdict rendu par le tribunal de première instance de Tunis qui a condamné les deux accusés dans cette affaire à 10 ans de prison.

Le membre du comité de défense des familles des victimes, l’avocat Toumi Ben Farhat, a indiqué samedi dans une déclaration à la TAP que les deux accusés ont été condamnés à une peine de dix ans de prison pour homicide involontaire commis par maladresse, imprudence et négligence conformément à l’article 217 du code pénal alors que le troisième accusé a été acquitté, ajoutant que le jugement prévoit également un dédommagement de 30 mille dinars à chaque famille des victimes pour préjudice moral.

Il a expliqué que les deux accusés dans cette affaire, à savoir le chef du service de la pharmacie et la précédente directrice générale de la maternité, qui étaient tous les deux poursuivis dans cette affaire, ont écopé chacun d’une peine de 8 mois de prison pour chaque affaire (15 nourrissons décédés), ajoutant que les peines se sont élevés à 120 mois, soit 10 ans de prison.

Maître Toumi Ben Farhat a affirmé que le jugement de première instance qui a été rendu après 4 ans et 4 mois, n’a pas d’effet exécutoire immédiat. «Ce jugement fera l’objet d’un recours en appel par le comité de défense des accusés», a-t-il ajouté, précisant que l’appel suspend l’exécution.

Soutien indéfectible

Dans son communiqué, le Cnopt a fait part de son étonnement face à ce jugement «excessif» rendu par le tribunal à l’encontre de leur collègue chef du service de la pharmacie à l’hôpital La Rabta malgré les preuves présentées par la défense le déchargeant de toute responsabilité dans ce drame, exprimant son soutien indéfectible à leur collègue pharmacien.

Le Cnopt a appelé toutes les organisations, syndicats, associations et pharmaciens à exprimer leur solidarité avec leur collègue à le soutenir dans cette épreuve difficile.

Il est à rappeler que le juge d’instruction en charge de l’enquête avait émis en avril 2021 des actes d’accusation pour homicide involontaire contre trois prévenus. Il s’agit de la directrice du centre de maternité et de néonatologie de La Rabta, du chef du service de la pharmacie et du directeur de la maintenance.

Le président de la commission médicale chargée d’enquêter sur les décès  de nouveaux-nés, le Professeur Mohamed Douagi, avait affirmé que les enquêtes préliminaires ont montré que ces décès sont dus à une erreur humaine. 

,Il s’agirait, selon ses propos, d’une infection nosocomiale qui  s’est produite  aux premiers stades de la préparation de la solution parentérale et avant son injection aux nourrissons. Le premier cas s’est déclaré mercredi 6 mars 2019 avec un pic de 8 cas  le lendemain, à quoi il faut ajouter un autre cas le dimanche 10 mars 2019.

Maître Adnen Laabidi, avocat du chef du service de la pharmacie de l’hôpital, avait déclaré à l’époque avoir présenté au tribunal de première instance de Tunis des documents permettant de prouver que son client avait, depuis sa prise de fonction, envoyé plusieurs correspondances au ministère de la Santé pour l’informer des nombreuses défaillances au niveau du centre de maternité et de néonatologie de La Rabta, mis à part plusieurs rapports attestant de l’impossibilité matérielle de définir l’origine de l’infection bactérienne, ainsi que la « situation catastrophique » des pochettes d’alimentation et « l’intrusion de tierces personnes sur les périmètres du crime ».

Il avait affirmé que les personnes ayant subi un préjudice dans cette affaire se sont constituées partie civile, notamment le chef du service de la pharmacie, outre la convocation du chargé du contentieux de l’Etat représentant le ministère de la Santé dont la responsabilité civile est engagée.

« Le ministère de la Santé est le premier responsable du décès des 15 nourrissons du centre de maternité », a-t-il souligné, relevant que les prévenus ont été sacrifiés dans cette affaire pour masquer la réalité.

Maître Laabidi a confirmé que son client avait maintes fois demandé au ministère de la Santé de lancer des appels d’offres pour l’achat des équipements permettant d’éviter la contamination dans la salle blanche et des pochettes de nutrition.

« Le ministère de la Santé n’a pas répondu favorablement à sa demande et les appareils de protection et de stérilisation ne lui ont pas été fournis », a-t-il ajouté.

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