Annulation de la 34e édition des Journées Cinématographiques de Carthage: Les JCC, ou l’art de résister

Le ministère des Affaires culturelles a décrété, le jeudi 19 octobre, l’annulation de la 34e édition des Journées cinématographiques de Carthage, prévue du 28 octobre au 4 novembre, en solidarité avec le peuple palestinien, victime de crimes de guerre et d’un blocus illégal et inhumain.

La direction de cette 34e édition a essayé jusqu’au dernier moment de maintenir le festival, en retirant tout aspect de festivités dont l’ouverture et le tapis rouge et en mettant en avant le film et le cinéma palestiniens. Engagées pour la cause palestinienne, les JCC ont toujours présenté une plateforme pour un cinéma indépendant qui exprime des causes justes, et consacré une section entière dans leurs programmations pour le film palestinien, une section mise en valeur par accoutumance lors de toutes les éditions. Et cette édition a prévu d’avancer encore plus le cinéma palestinien en invitant non seulement des films classiques projetés gratuitement pour le public tunisien à l’Avenue Habib Bourguiba, mais également des réalisateurs et cinéastes palestiniens dont les films nouveaux ont été sélectionnés en compétition au festival, et en premier lieu le comédien et réalisateur Mohamed Bakri, qui a offert aux JCC la présentation de son dernier film «Jenine 2023», en première mondiale.

Cette décision d’annuler la 34e édition des JCC met en émoi l’équipe qui a travaillé pendant des mois avec engagement et acharnement. L’art est un acte de résistance, une occasion pour dénoncer les injustices humaines et sociales que les politiques et les mots du quotidien ne sont pas capables d’exprimer.

Positionner l’activité artistique dans un seul et unique sens, celui du divertissement, minimise les chances de mettre à plat les inégalités et les iniquités. L’histoire peut très bien témoigner ô combien l’art a pu forger tout esprit de résistance, transcender et sublimer la mort.

Depuis le 7 octobre —le début du dernier massacre vécu par les Palestiniens—, toutes les voix de justice se sont levées pour dénoncer ces crimes de guerre, et les JCC étaient un moment attendu pour que le corps cinématographique tunisien et africain et les amateurs du cinéma en Tunisie se joignent à cette vague afin d’appuyer cet engagement envers la cause palestinienne et de permettre à l’art en général, et au cinéma en particulier, de bouleverser encore une fois les manières de sentir et de penser.

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