Guerre à Gaza : Le boycott économique, une forme de lutte possible

 

Les appels au boycott ciblent notamment plusieurs entreprises économiques dont des grandes surfaces, des enseignes connues et même des lieux de loisir. Ils ont été lancés depuis quelques jours via les réseaux sociaux. Au moment où Gaza subit un véritable massacre, ces appels au boycott commencent à s’organiser concrètement.

L’agression sioniste contre la Bande de Gaza se poursuit. Plus de 4.500 martyrs sont tombés sous l’hystérie de la machine guerre des forces d’occupation, des drames que le monde entier observe. En parallèle, dans le monde arabe, chacun choisit sa lutte à sa manière pour contribuer aux efforts visant à en finir avec cette guerre.

Outre les efforts diplomatiques, les menaces et les manifestations populaires, certains ont opté pour d’autres alternatives pour se faire entendre. Et c’est bien le cas en Tunisie où de nombreux activistes ont appelé au boycott économique des entreprises, organisations et structures qui soutiennent l’entité sioniste pour dénoncer cette agression sanglante contre les civils.

Ces appels au boycott ciblent notamment plusieurs entreprises économiques dont des grandes surfaces, des enseignes connues et même des lieux de loisir. Ils ont été lancés depuis quelques jours via les réseaux sociaux. Au moment où Gaza vit un véritable massacre, ces appels au boycott commencent à s’organiser concrètement. Certains ont déjà porté leurs fruits : à Gammarth, un lieu de loisir dont le propriétaire a été accusé par ces activistes d’avoir des liens avec le sionisme, a été vidé de ses clients.  

Le boycott, une arme politique et économique ?

« El Mouvma Organisation », l’un des mouvements qui soutient le plus le boycott, a multiplié, ces derniers temps, ses initiatives visant à mobiliser les internautes pour adhérer à la cause. D’ailleurs, les activistes ont manifesté dernièrement devant une grande surface, pour appeler à «boycotter toute enseigne qui d’une manière ou d’une autre participe à la colonisation». L’un de ces activistes explique à La Presse, sous couvert d’anonymat, que ce mouvement vient en réponse à l’agression commise par l’occupation contre Gaza, mais pas seulement. « Notre mouvement dépasse les circonstances actuelles, nous voudrions installer un courant antisioniste en Tunisie indépendamment de la guerre en cours. Actuellement, nous avons des coordinations dans plusieurs gouvernorats et nous pensons que nous pouvons changer les choses, nous pouvons convaincre les Tunisiens, notamment les jeunes, du boycott comme arme économique et comme moyen de pression contre l’entité sioniste et toutes les entreprises qui normalisent avec elle », a-t-il témoigné, laissant croire que d’autres initiatives seront lancées dans ce contexte.

Mais de nombreuses questions se posent concernant l’efficacité de ces moyens de pression. Si le boycott témoigne en effet d’une prise de position et même d’une contestation politique, cela a-t-il un coût économique par le pays ? Il faut dire que d’ores et déjà, la Tunisie boycotte officiellement tout commerce avec l’entité sioniste ou tout lien économique avec elle. Cependant, certains produits tunisiens peuvent s’introduire dans les territoires occupés par le biais d’entreprises commerciales intermédiaires.  

Au sujet de cette problématique, le ministère du Commerce avait souligné l’année dernière que la Tunisie, comme tous les pays du monde, travaille avec des multinationales. « Ces dernières peuvent avoir des actionnaires israéliens et revendre les produits importés de la Tunisie vers ce pays. Ce qui est comptabilisé comme un échange commercial entre les deux pays ».

 En marge de ce conflit, bien que les Tunisiens ne consomment pas de produits israéliens, des organisations ont promu l’arme du boycott des biens et marchandises contre des pays qui soutiennent l’entité occupante. Celles-ci exigent d’infliger à ces pays des pertes économiques sévères en guise de sanction, tandis que des blocs parlementaires ont de nouveau proposé un projet de loi visant à criminaliser la normalisation.

La diaspora tunisienne engagée ?

Le président de l’Organisation tunisienne pour informer le consommateur (Otic), Lotfi Riahi, soutient ce processus. Dans une déclaration à La Presse, il explique que la diaspora tunisienne peut également jouer un rôle dans ces initiatives. « Le nombre de Tunisiens à l’étranger dépasse 1,7 million. Cette communauté peut jouer un rôle actif dans les pays où ils résident, contribuant ainsi au boycott des produits israéliens et des pays qui les soutiennent. Partout dans le monde, les sanctions économiques font partie des armes importantes utilisées par les peuples pour se faire entendre », a-t-il dit.

Et de rappeler que l’Union arabe des consommateurs rejette tout lien économique avec l’occupation israélienne et avait annoncé son boycott de ses produits depuis 2017, car ils ont commencé à « envahir les marchés arabes sous différentes dénominations ».

Le conflit à Gaza, se répercutant dans le monde de différents manières, est une occasion pour pénaliser les enseignes internationales pro-Israël.

Quand certaines entreprises ont annoncé leur soutien inconditionnel à l’armée israélienne, d’autres ont fait valoir leur soutien à la population de Gaza et aux Palestiniens. Des appels au boycott ont ciblé de nombreux géants économiques, notamment McDonald’s qui accuse d’énormes pertes dans le monde arabe et notamment en Egypte.

Cela étant et pour ne prendre qu’un seul secteur, celui de la grande distribution, en Tunisie, il emploie autant des professionnels expérimentés que des débutants par milliers. Autre détail important, la plupart des produits sont fabriqués en Tunisie. Moralité, en pénalisant les soutiens de l’Etat sioniste, il ne faudra pas sanctionner, parallèlement, nos compatriotes.

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