Clôture du projet “Développement des réseaux d’agents de paiement dans le Nord-Ouest” : Une appétence avérée pour la finance digitale

 

Le projet a permis de former plus de 100 jeunes au métier d’agent de paiement. Cette expérience pilote servira de tremplin pour le développement de cette activité dans toutes les régions du pays.

La finance digitale attire de plus en plus de jeunes dans les régions du Nord-Ouest, a révélé, dans une déclaration à La Presse, le président du Conseil bancaire et financier, Néji Ghandri. Ce constat découle du projet “Développement des réseaux d’agents de paiement dans le Nord-Ouest tunisien”, une action pilote menée par le CBF et appuyée et financée par l’agence de coopération allemande GIZ. Visant à accompagner et former plus de 100 agents de paiement dans les gouvernorats de Béja, Jendouba et Bizerte, l’initiative qui s’est étalée sur six mois s’inscrit dans le cadre du programme national du De cashing.

Avec la participation de quatre établissements de paiement, le projet est parti du bon pied, estiment ses initiateurs. À leur grande surprise, plus de 4.000 hommes et femmes ont manifesté leur intérêt pour adhérer à ce nouveau système de paiement. “On est agréablement surpris par le nombre des jeunes et des entrepreneurs qui veulent adhérer au système des établissements de paiement. Nous avons reçu la candidature de 4.000 personnes alors qu’on visait à former 100. Il y a une appétence claire pour ces systèmes de paiement. La digitalisation intéresse tout le monde. Il suffit d’appliquer une tarification intéressante pour le client et pour l’agent de paiement pour que tout le monde trouve son compte, y compris l’Etat. Je pense que l’avenir appartient maintenant au monde digital. Les jeunes y adhèrent facilement. Tout le monde utilise le smartphone et l’internet mobile, je pense que c’est une expérience réussie qui sera généralisée”, a ajouté Ghandri.

Des lacunes à surmonter

Rappelons qu’un établissement de paiement est une société financière autorisée par l’Etat à effectuer certains services de paiement. Cet établissement constitue la cheville ouvrière de l’inclusion financière puisqu’il permet d’atteindre, grâce aux moyens digitaux, les populations recluses et à faible revenu.  “ Les établissements de paiement ont un potentiel très important en Tunisie, et ce, grâce au bon développement du réseau internet, surtout en comparaison avec d’autres marchés qui ont pris une longueur d’avance dans le domaine numérique. Il y a aussi une bonne pénétration du smartphone et des téléphones d’une manière générale. Ce qui constitue un terreau fertile pour le développement des établissements de paiement en Tunisie”, a souligné, de son côté, Bilal Yan Hagen, chef du projet Inclusion Financière en Tunisie à la GIZ.

Et d’ajouter : “ Le projet de développement des agents d’établissement de paiement dans le Nord-Ouest tunisien est un des projets-clés pour le développement du secteur privé et de la finance digitale inclusive, grâce auquel nous cherchons principalement à promouvoir l’ouverture et l’utilisation des portefeuilles électroniques E-Wallet”.

Pour les initiateurs du projet, il s’agit maintenant de capitaliser sur cette expérience réussie afin de la généraliser et de toucher  d’autres régions.

Le rapport  de l’activité “Concertation et intelligence collective”, qui a été élaboré dans le cadre de cette même initiative et dont l’objectif est d’améliorer le cadre réglementaire et fiscal lié à l’activité des agents de paiement, a révélé certaines lacunes à surmonter.

Maryem Kraiem, expert-comptable au cabinet Twills Consulting, explique, à cet égard, que l’exclusion de certains profils du bénéfice du statut de l’agent de paiement tels que les artisans, les agriculteurs et les prestataires de service, constitue un obstacle à l’entrée et freine l’expansion de cette activité. De plus, ce statut n’est pas, à ce jour, reconnu par la BCT, ce qui expose ceux qui pratiquent ce métier à des problèmes, notamment, avec les brigades douanières. De surcroît, le régime fiscal appliqué à ces agents demeure  flou, affirme l’expert. Les textes actuels les lèsent et leur imposent des obligations fiscales qui sont hors de portée.

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