Cérémonie de clôture de la 24e édition des Journées Théâtrales de Carthage : Le Tanit d’Or à la pièce «Mute» de Sulayman Al Bassam

 

28 pays participants, 16 sections entre représentations théâtrales, rencontres, ateliers, masterclass et colloques et 62 pièces de théâtre présentée, voilà ce que nous a réservé la 24e édition des JTC qui s’est tenue du 2 au 10 décembre 2023.

Les JTC, fières de leurs 40 ans d’existence, ont été marquées, entre autres, cette année par la programmation de grandes compagnies de théâtre et de metteurs en scène, entre le grand Peter Brook (décédé l’année dernière), présent à travers sa toute dernière création «Tempest project», Roméo Castelluci et son œuvre «Sans Titre», “Jungle Book” de Robert Wilson.

A l’instar de la cérémonie d’ouverture, pas de festivités pour la clôture de cette édition qui a voulu marquer la solidarité de la Tunisie avec le peuple palestinien dans sa lutte contre l’occupation sioniste.

Présentée conjointement par l’animatrice tunisienne Sonia Younsi et l’artiste jordanienne Dalel Fayadh, la cérémonie a vu la présence du chef de cabinet de la ministre des Affaires culturelles, de diplomates arabes et africains, de comédiens, comédiennes, metteurs en scène tunisiens, maghrébins, arabes et africains, hommes et femmes de culture. Les journalistes, représentants de médias, étaient également de la partie.

Dans son allocution, le directeur de cette édition, Moez Mrabet, a parlé d’une édition exceptionnelle que le comité directeur a tenu à placer sous le slogan «Avec le théâtre nous vivons et par l’art, nous résistons», en soutien à Gaza et à ses habitants. «Nous refusons et condamnons, sous toutes ses formes, ce nettoyage ethnique planifié et perpétré par l’entité sioniste», a-t-il déclaré.

Des hommages rendus à de grandes figures du théâtre tunisien, arabe et africain ont animé cette clôture, avec à leur tete un hommage au père fondateur des JTC et grand homme de théâtre Moncef Souissi.

Hommage rendu à la journaliste et critique de théâtre tunisienne Faouzia Mezzi

De la poésie, celle de Anis Chouchène, pour dénoncer l’occupation sioniste que subit depuis 75 ans le peuple palestiniens. Un bel hommage à la résistance des peuples face à l’obscurantisme, l’injustice et la tyrannie par les vers et les rimes.

Applaudissements et acclamations ont accompagné les consécrations du Libanais Paul Chaoul, figure majeure de la scène poétique arabe depuis les années soixante-dix; la journaliste et critique de théâtre tunisienne Faouzia Mezzi; le comédien koweïtien Daoud Hassine, la costumière tunisienne Jalila Madani, le poète et critique soudanais Youssef Idabi, le comédien tunisien Mongi Ouerfelli et la grande Souad Mahassen. Un hommage spécial a été rendu à la célèbre troupe de musique engagée «Les Colombes» (Al Hamam Al bidh).

Abir Derbel nous a offert, par la suite, une émouvante et vibrante interprétation a capella de la fameuse chanson palestinienne «Heddi yé Bahar» écrite par le grand Abou Arab.

Repenser les critères de sélection

La place a été par la suite cédée aux différents membres des jurys de la compétition officielle dans laquelle figuraient 10 pièces de théâtre arabes et africaines, et autres prix parallèles.

Le jury, composé de Wahid Saâfi de Tunisie, en sa qualité de président (qui n’a pas pu assister à la cérémonie de clôture pour des raions personnelles), Naima Zitan du Maroc, Joao Branco du Cap-Vert, Pierre Abi Saab du Liban et Odile Katese du Rwanda, a dévoilé le palmarès tant attendu.

«Les membres du jury, après avoir regardé, étudié les différentes pièces de théâtre qui concourent pour les prix de cette édition et après des débats intenses, soulignent que le festival, qui vient d’atteindre ses 40 ans, a besoin de repenser ses critères de sélection lors des prochaines éditions, ainsi que ses comités de sélection et de programmation, invités à être plus exigeants pour ce qui concerne la qualité et de n’opter que pour les spectacles qui se distinguent par une vraie maîtrise des arts dramatiques et par une esthétique innovante et créative, afin que les Journées théâtrales de Carthage restent un espace de convergence des diverses expériences arabes et africaines», a souligné Naïma Zitan du Maroc, lors de la lecture du rapport du jury.

Palmarès de la 24e édition des JTC 2023

– Tanit d’or: «Mute» de Sulayman Al Bassam (Koweït)

– Tanit d’argent: «Chams» de Amine Boudrika (Maroc)

– Tanit de bronze: «La ferme» de Ghazi Zaghbani

– Prix de la meilleure dramaturgie:  Sulayman Al Bassam (Koweït)

– Prix de la meilleure interprétation féminine: Hala Omrane (Koweït)

– Prix de la meilleure interprétation masculine: Ghazi Zaghbani

– Prix de la meilleure scénographie: Ghazi Zaghbani

Prix parallèles

– Prix Néjiba Hamrouni pour la liberté d’expression: «Godzilla- Le phénomène» de Aous Ben Brahim avec une mention spéciale pour «Rouheb» de Mouayad Ghazouani et «Le dîner des chiens» de Youssef Mars

– Prix Théâtre de liberté: 1er prix: «Voyage» – Prison de Borj Erroumi/ 2e prix: «Ni divorcé ni en stand by» – Prison de Mahdia/ 3e prix: «Le partenariat, un fardeau», prison de Messaâdine-Sousse.

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