Second tour des élections locales | Le Kram et La Goulette : La balle est désormais dans le camp des conseils locaux

 

C’est un scrutin de proximité avec un nouveau mode d’approche au niveau de la campagne électorale qui tient compte de la capacité du candidat à convaincre les citoyens de son quartier à ne pas bouder ces élections et à voter pour lui. Un faible taux de participation lors de ce second tour électoral ne doit nullement être traduit par un échec de ce nouveau processus complexe qui en train de se mettre sur pied.

Le second tour des élections locales a été marqué par une affluence faible au niveau des quatre bureaux de vote de Laouina relevant de La Goulette, alors qu’elle a été jugée moyenne pour le seul bureau de vote relevant du Kram-Ouest. Ce taux a été très faible tôt le matin et a enregistré une relative augmentation l’après-midi. Sur le plan organisationnel, l’Instance supérieure indépendante des élections semble avoir gagné le pari, mais pour ce qui est du taux de participation, elle n’assume aucunement la responsabilité.

Kram : absence des services sanitaires, administratifs et sécuritaires

Au Kram, ville de plus de 85 mille habitants selon les statistiques de 2021 et dont le taux de pauvreté atteint 3%, un seul bureau de vote a ouvert ses portes pour le second tour. Il s’agit du bureau de l’École primaire Sidi Amor, au Kram-Ouest, relevant de la circonscription électorale Tunis 2. Le nombre de votants enregistrés s’élève à 14.530 et celui des candidats à 2. Une troisième candidate n’a pas eu de chance lors du premier tour, mais elle est venue donner sa voix à l’un des deux candidats encore en course, nous fait-elle savoir. Une belle leçon de soutien et de fair-play.

Dans le même bureau de vote, une jeune fille nous déclare: «Je suis là pour apporter mon soutien à l’un des jeunes de mon quartier et sur lequel on compte beaucoup pour faire entendre notre voix, résoudre les problématiques de développement en général». A cet effet, elle a pointé les services sanitaires et administratifs et sécuritaires là ou elle vit, comme l’absence de poste de police et d’un bureau de poste.

Hakim Abdelhak (27 ans, sans travail) qu’on a rencontré à sa sortie du bureau de vote, espère que ces élections contribueront à trouver des solutions au grand problème du chômage qui sévit  dans son quartier. Son ami Belhassen Gara, diplômé en gestion hôtelière, est lui aussi en quête d’un emploi. Il espère que la commune du Kram en général avec ses 7 secteurs ou imadas (Bir Lahlou, Sidi Frej, Kram-Est, Kram-Ouest, Riadh, Lac, Sidi Amor) retrouvera un brin de renouveau, notamment sur le plan du développement, d’autant qu’elle se trouve à quelques kilomètres du Palais de Carthage.

La présidente du bureau de vote nous informe que le taux de participation est moyen et qu’aucune infraction électorale n’a été enregistrée. Deux candidats sont toujours en lice dans ce secteur du Kram-Ouest.

Le droit de vivre dans un quartier où il fait bon vivre

A quelques kilomètres du Kram, un grand calme règne dans la grande cour de l’école primaire Taieb-Mhiri à Laouina (rattachée à La Goulette et relevant de la circonscription de Tunis 2) qui a été transformée à l’occasion en bureau de vote pour accueillir les 6.056 électeurs. La jeune fille M.O. nous déclare à sa sortie du bureau de vote de l’école primaire Taïeb-Mhiri qu’elle est venue accomplir son devoir électoral parce qu’elle en a marre de l’insécurité qui règne dans son quartier. Elle doit choisir entre les deux candidats restants du premier tour.

«On ne peut plus sortir nuitamment à cause des braquages», fait-elle savoir, ajoutant qu’avant la révolution, on pouvait se promener tard dans la soirée, mais plus maintenant. «Je suis encore jeune et j’ai le droit de vivre dans un quartier où il fait bon vivre, avec des chaussées et des routes bitumées», conclut-elle.

Au bureau de vote de l’école primaire de la route de La Soukra, relevant de l’Aouina (La Goulette), l’affluence des électeurs étaient beaucoup plus faible. Parmi les 5.903 votants enregistrés, certains pourraient avoir changé d’avis avant la fermeture des bureaux.

Au demeurant, le taux de participation n’est pas considéré comme un gage de réussite pour ces élections locales. Il faut plutôt retenir que les citoyens font face à un nouveau mode de scrutin uninominal à deux tours, bien complexe à assimiler au début et que la décennie noire vécue à partir de 2011 leur a enlevé cette envie de participer massivement au vote.

Les nouveaux élus locaux issus de ce scrutin devront faire face à un défi difficile mais pas impossible à relever : regagner la confiance des citoyens. La balle est désormais dans le camp des conseils locaux.

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