«Anna» de luc besson Un remake raté

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Nouvel opus de Luc Besson, «Anna», film d’espionnage, actuellement à l’affiche, se décline tel un remake de «Nikita». Mais peut-on faire du neuf avec du vieux? Ressasser les mêmes recettes, à coups de formatage, assure-t-il la qualité et le succès? Le détail


Trente ans après «Nikita», Luc Besson revisite le film d’espionnage en se focalisant sur une nouvelle héroïne d’action prénommée «Anna» (Sasha Luss). Cette jeune et belle femme de 24 ans, à l’image des «Matriouchka», les fameuses poupées russes, cache son jeu et les multiples facettes de son personnage. Qui est-elle en fait? Est-ce une simple vendeuse de poupées russes sur le marché de Moscou? Un top-model qui défile à Paris? Une tueuse qui ensanglante Milan? Un flic corrompu? Un agent double ou tout simplement une redoutable joueuse d’échecs? Pour le savoir, il faudra attendre la fin de la partie. Mais entretemps, on s’ennuie ferme, tant l’ensemble, qui respire la recette et le formatage, s’avère d’une platitude assommante, sans innovation aucune. Cela sans compter les incohérences du scénario truffé d’anachronismes, car peut-on parler, entre 1985 et 1990 époque où se situe l’action du film, de la Russie, puisque l’Union Soviétique existait encore.

Autres anachronismes ridicules : l’emploi de portables, d’écrans plats, de vidéos à haute définition, de clés-USB qui n’existaient pas encore à cette époque-là. Etrange, non?

Pis, le film pèche encore par un trop-plein de flash-backs confus, voire superflus, une intrigue dénuée de suspense, à même de nous tenir en haleine, des personnages minces et stéréotypés, voire caricaturaux, tels ces «bons» Occidentaux qui ne font que se défendre contre les «méchants» russes si menaçants.

Même les scènes d’action, élément important du cinéma de Besson, relèvent du déjà vu sans ajouts remarquables, ces courses-poursuites et ces combats à mains nues n’ayant rien d’impressionnant.

«Mieux», le réalisateur s’auto-cite dans la scène de tuerie dans un restaurant à Moscou qui nous renvoie à la même scène du restaurant, filmée dans «Nikita».

Ce qui est, en fait, regrettable dans tout ça, c’est que la judicieuse idée des «Matriouchka» se perd en cours de route dans les abondants flash-backs.

Bref, il n’y a rien de nouveau dans ce dernier opus de Besson, au long cours prévisible, car loin d’égaler ses meilleurs films du genre «Thriller noir d’action» dont «Léon» (avec Jean Reno) et notamment «Nikita» qui a révélé l’actrice Anne Parillaud et qui demeure son opus le plus abouti. Devenu un vrai phénomène, il a récolté un succès fou à sa sortie.

Or, en voulant faire avec «Anna» un remake de «Nikita» afin de renouer avec la réussite et le succès, le réalisateur de «Le 5e élément» s’est fourvoyé car on ne fait pas du neuf avec du vieux, outre que le fait d’user de la même recette et de s’auto-citer à l’envi ne garantissent nullement le succès.

Ainsi, par manque d’originalité, de scénario clair et cohérent, de rythme soutenu et de créativité dans la mise en scène, «Anna» s’avère une pâle copie de «Nikita».

Ajoutons à cela l’interprétation sans âme de Sasha Luss dans le rôle d’Anna, loin d’égaler la qualité du jeu d’Anne Parillaud ayant incarné Nikita.

Encore un ratage, après les flops de «Lucy», «The Lady» et «Valérian et la cité des mille planètes» de la part du cinéaste des trouvailles et des images-chocs.

Car il ne suffit pas de ressasser les mêmes recettes, à coup de formatage, pour renouer avec la qualité et le succès.

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