Conjoncture et pouvoir d’achat : Au pays des sans-gênes

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Le commun des mortels, n’importe quel citoyen auquel on poserait la question, qui tourmente plus d’un et qui est relative à la situation du pays, vous répondra sans hésiter que « Cela ne va pas très bien ».

Pour positiver, disons que tout finira par reprendre le cours normal, ce que tout un chacun espère, avec quelques appréhensions malheureusement.

C’est que bien des décideurs dans différents secteurs ne semblent pas du tout comprendre que cette « révolution » des idées et cette reprise en main de la situation sont l’affaire de tous et non pas seulement une question de gouvernement et de hauts responsables. Ces responsables eux-mêmes ont bien des choses à se reprocher.

Prenons l’exemple de la rupture des stocks de carburant. On a bien voulu nous expliquer qu’il n’y a aucun problème et que la situation redeviendra normale dans les jours à venir. Très bien, mais on a oublié de reconnaître que l’ouverture des frontières et l’arrivée de nos frères algériens allaient provoquer une surchauffe qu’il fallait prévoir et agir en conséquence. Qu’y a-t-il de mal à le  reconnaître  ?

Sans aucun ménagement pour le citoyen, on lui raconte des histoires à dormir debout.

Augmentation des tarifs Internet

« Cher client suite à une révision tarifaire, votre abonnement mensuel augmentera de 2 d sur les frais Topnet et de 1,5d sur la redevance TT à partir du 1er/9/2022 ». Le message tombe sans crier gare comme un couperet.

Voilà, une augmentation qu’un opérateur décide et qu’il intime au « client » de respecter. C’est à prendre ou à laisser. Et on nous parle, sans gêne du pouvoir d’achat, des efforts que l’on fait pour faciliter la vie du Tunisien.

L’Internet coûtera plus cher.  Pourquoi ? Pour quelle raison ? En raison de l’amélioration des services, alors que l’on peut soutenir que personne ne reçoit les mégas qu’il paie ? Y a-t-il une tutelle qui a été consultée ?

Et, sans gêne, on viendra nous parler d’écoles à brancher et d’Internet pour tous.

Les mercredis

L’officine d’une grande surface qui a ouvert ses portes, ces dernières années, entoure tout un rayon d’un film protecteur avec une affiche. « Prière ne pas toucher cette marchandise  qui sera mise en vente le mercredi ».

S’y trouvent des verres, des seaux, des ustensiles de cuisine, des cadres dorés, des plateaux et bien d’autres fanfreluches en plastique, des services en porcelaine de basse qualité et qui n’arrivent pas à la cheville de ce que nous fabriquons chez nous. Cette marchandise vient de Turquie.

Ce n’est point ce pays ami qui est visé, mais bien la délicatesse de ceux qui ont passé commande, alors que notre balance commerciale a déjà touché le fond. Cela fait de l’argent facile à gagner pour ces opérateurs sans vergogne qui, en  toute inconscience, dilapident des devises et précipitent la faillite de bien des secteurs.

Sans gêne, le responsable du secteur commercial viendra nous raconter que « nous veillons » à prendre des mesures pour reprendre la situation en main. Combien lui faudra-t-il de temps pour mettre le holà à ces importations intempestives, qui ne servent en rien les intérêts du pays et que cet argent servira mieux le secteur de la santé où des centaines de médicaments manquent ?

Baisse sur des centaines de produits

C’est le slogan des grandes surfaces et, sans gêne, elles vous présenteront un ensemble de produits qui vont du savon  aux détergents, des balais aux raclettes. Ces articles ne nourrissent personne.

Comme produits de consommation pouvant alléger le couffin de la ménagère, point de baisse.

Bien au contraire, comme pour narguer le pauvre consommateur, juste en face, le poisson est hors de prix, le poulet est devenu un article de luxe, alors que les viandes rouges sont destinées à des créatures vivant sur d’autres planètes. Sans gêne, on vous colle partout des étiquettes portant la mention :  «Si vous trouvez moins cher, on vous rembourse la différence » !

Le responsable de ce secteur  avait annoncé, il y a quelques semaines,  en grande pompe, « qu’ils allaient  contribuer » à la lutte contre la vie chère.

C’est assurément une belle contribution, ces prix qui s’envolent et qui sont complètement en décalage avec ceux pratiqués sur le marché.

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