Inclusion financière | Un nouveau défi pour les banques

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L’inclusion financière se présente  comme l’ensemble des dispositifs mis en place pour lutter contre l’exclusion bancaire et financière. Ces moyens composent ce que certains appellent la « la finance inclusive ».

L’inclusion financière vise à attirer la population « non bancarisée» dans le système financier formel afin qu’elle ait la possibilité d’accéder à des services financiers allant de l’épargne au crédit et à l’assurance en passant par les paiements et les transferts.

Tendance positive

Les résultats d’un sondage  effectué en 2018 révèlent une amélioration de l’inclusion financière. A titre d’exemple, la détention de comptes par les adultes auprès des banques et de la Poste a respectivement progressé de 33 à 49%, et de 32 à 35% en 2021. Cette progression s’inscrit dans la continuité de la tendance positive déjà observée entre 2011 et 2017, période durant laquelle la détention de comptes par les particuliers âgés de plus de 15 ans a évolué de 24 à 37%. Le taux de détention de comptes auprès d’institutions de microfinance (IMF) a, quant à lui, pratiquement doublé passant de 5% en 2018 à 9,7% en 2021.

Ces dernières années, le gouvernement a multiplié les actions visant à améliorer l’inclusion financière. Ces efforts s’appuient notamment sur la Stratégie nationale d’inclusion financière (Snif) de 2016 et sur la mise à jour de la réglementation bancaire. Revue en 2018, la Snif s’est traduite par de multiples initiatives telles que la réglementation sur les établissements de paiement (EDP), le lancement des services de paiement mobiles, la fusion en cours des associations de microfinance en institutions régionales ainsi que l’élaboration d’un nouveau code des assurances.

L’initiative de de-cashing menée par la BCT a été lancée en 2017 afin de réduire l’usage du cash dans le cadre des paiements et de l’épargne informelle. Par ailleurs, le gouvernement a entrepris des actions spécifiques durant la pandémie du Covid-19 qui ont permis de digitaliser le transfert des aides octroyées par l’Etat aux particuliers à travers des portefeuilles électroniques, attirant ainsi près de 420.000 utilisateurs auprès de la Poste.

Transformations fondamentales

La troisième édition des journées d’étude sur l’inclusion financière, organisée récemment par le conseil bancaire et financier (CBF) en collaboration avec l’Association tunisienne pour la promotion de la culture financière (Atcf), a été une occasion renouvelée pour mettre en exergue l’importance de l’inclusion financière dans un contexte de mutations économiques rapides, où les technologies et les modèles d’affaires évoluent rapidement.

Depuis 2011, la Tunisie a subi différents soubresauts socioéconomiques tels que la stagnation de son économie et l’explosion du chômage des entreprises qui opèrent, pour la plupart, dans le secteur informel. Nombreux sont les Tunisiens qui recourent à des services d’épargne ou de crédits informels. De plus, la qualité des portefeuilles des banques laisse à désirer.

L’inclusion financière se présente alors comme l’ensemble des dispositifs mis en place pour lutter contre l’exclusion bancaire et financière. Ces moyens composent ce que certains appellent désormais la « la finance inclusive ».

Le rôle des banques s’avère central dans ce processus. En effet, l’inclusion financière ne se limite pas à l’accès à un compte, mais à une maîtrise plus globale des outils bancaires. Les banques peuvent participer à l’éducation financière de la clientèle fragilisée comme elles peuvent également proposer à leurs clients des produits et services mieux adaptés à leurs ressources limitées et à leurs besoins diversifiés.

Suite à quoi, la Tunisie a, opté pour des transformations fondamentales. Elle, a en particulier, adopté des réformes, dans différents domaines, notamment au profit de l’inclusion financière qui vise à intégrer les ménages, (soit 2,5 à 3,5 millions de personnes), et les entreprises tunisiennes (245.000 à 425.000 entreprises) qui n’ont pas d’accès, ou n’ont qu’un accès limité au secteur financier formel. L’objectif étant de leur offrir la possibilité d’accéder aux services financiers, tels que les crédits, l’épargne, les moyens de paiement ou l’assurance.

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