Sécurité routière en Tunisie : Peut-on éviter les tragédies ?

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Les initiatives des parties prenantes ont déjà porté leurs fruits, avec la Tunisie qui passe du groupe 4 au groupe 2 dans le classement de l’OMS. Cette progression encourageante, annoncée dans le nouveau rapport sur la sécurité routière dans le monde à paraître le 13 décembre 2023, souligne l’importance des efforts conjoints pour améliorer les systèmes de données et prévenir les tragédies sur les routes tunisiennes.

Les routes tunisiennes demeurent le théâtre d’une inquiétude croissante : les accidents de la route. Malgré les initiatives déployées par diverses parties prenantes pour renforcer la sécurité routière, le nombre d’incidents persiste de manière alarmante. Cette réalité soulève des interrogations cruciales quant aux mesures nécessaires pour prévenir ces tragédies et sauvegarder la vie des citoyens. Selon des statistiques récentes, les accidents de la route en Tunisie ont connu une augmentation, ces dernières années, mettant en péril la vie de milliers de conducteurs, passagers et piétons. Les causes de ces incidents sont variées, allant de l’excès de vitesse à la négligence des règles de conduite, en passant par l’état des routes et le non-respect des normes de sécurité des véhicules.

L’excès de vitesse

L’excès de vitesse demeure une cause majeure d’accidents sur nos routes. Malgré les efforts constants pour renforcer la sécurité routière, le pays enregistre chaque année un nombre alarmant de victimes d’accidents de la route, avec 11 501 décès recensés annuellement. Ces chiffres font des accidents de la route la principale cause de décès liée à des agents externes.
Cependant, un communiqué de presse émanant de l’ONG «Les Ambassadeurs de la Sécurité Routière» met en lumière la nécessité de prendre du recul par rapport à ces statistiques, soulignant les lacunes dans le système d’information actuel. L’Institut National de la Santé (Insp) constate un faible taux de couverture de son système d’information sur les causes de décès, avec seulement 61,2 % des certificats médicaux de décès parvenus à l’Insp en 2020 par rapport au nombre de décès enregistrés par l’Institut National de la Statistique. De plus, des divergences significatives entre les statistiques de l’Office National de la Sécurité Routière (Onsr), de l’Insp et de la Ftusa sont observées, entravant une évaluation précise de la situation.
Cependant, une lueur d’espoir émerge avec le projet d’intégration des bases de données pourvoyeuses de données sur la mortalité liée aux accidents de la route, fruit d’un partenariat entre l’Association des Ambassadeurs de la Sécurité Routière et le ministère de la Santé.
Ce projet vise à analyser la sous-estimation de la mortalité liée aux accidents de la route en Tunisie en couplant les données de l’Onsr, du Shocroom, de l’Insp, des services de médecine légale et de la Ftusa. Grâce à l’engagement et à la collaboration des parties prenantes, dont l’Onsr, le Shocroom, l’Insp, les services de médecine légale et la Ftusa, le projet a connu un avancement remarquable, soutenu par l’OMS et l’Association des Ambassadeurs de la Sécurité Routière. Un Atelier scientifique, organisé le 4 du mois en cours, a officiellement présenté un tableau de bord, un «Dashboard», qui permettra la production d’indicateurs performants.

Ajuster la politique nationale

Ce tableau de bord constituera un outil essentiel pour orienter et ajuster la politique nationale de prévention et de prise en charge des accidents de la route dans le cadre d’une stratégie nationale multisectorielle de sécurité routière. L’objectif ultime est de répondre aux cibles mondiales de réduction d’au moins 50 % du nombre de morts et de blessés avant 2030, conformément au Plan mondial de la Décennie d’action pour la sécurité routière 2021-2030. Ces initiatives et projets ont déjà porté leurs fruits, avec la Tunisie passant du groupe 4 au groupe 2 dans le classement de l’OMS. Cette progression encourageante, annoncée dans le nouveau rapport sur la sécurité routière dans le monde à paraître le 13 décembre 2023, souligne l’importance des efforts conjoints pour améliorer les systèmes de données et prévenir les tragédies sur les routes tunisiennes. Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a souligné, il y a un an, l’importance cruciale de la sécurité routière dans nos vies quotidiennes. « La sécurité routière nous concerne tous. Chaque jour, nous empruntons des routes pour nous rendre au travail, accompagner nos enfants à l’école et satisfaire à nos besoins quotidiens vitaux.
Pourtant, nos systèmes de transport restent bien trop dangereux. Nous ne saurions tolérer aucun décès sur la route. La mobilité du futur doit s’attacher à promouvoir la santé et le bien-être et à protéger l’environnement, pour le bien de tous», a-t-il déclaré. Par ailleurs, le Dr Etienne Krug, directeur du Département Déterminants sociaux de la santé de l’OMS, a ajouté une dimension économique à cette problématique. «Les décès dus aux accidents de la route bouleversent d’innombrables vies et coûtent aux pays environ 3 % de leur PIB chaque année», a-t-il indiqué. Ces chiffres impressionnants mettent en évidence l’impact financier considérable que les accidents de la route exercent sur les économies nationales.

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