Adhésion de la Palestine à l’ONU : vives condamnations après le véto des États-Unis

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Les Américains ont voté contre un projet de résolution qui recommande à l’Assemblée générale de l’ONU, que « l’État de Palestine soit admis comme membre des Nations unies » , le 18 avril 2024.  © Xinhua/ABACA

L’échec du Conseil de sécurité, jeudi, à adopter un projet de résolution présenté par l’Algérie, au nom du groupe arabe, recommandant à l’Assemblée générale l’admission de l’État de Palestine comme membre à part entière de l’ONU, après l’utilisation par les États-Unis du véto, a suscité de vives condamnations.

Le texte a recueilli 12 votes pour, 1 contre (véto des États-Unis) et 2 abstentions (Royaume-Uni et Suisse).

Rappelant les propos du président de la République Abdelmadjid Tebboune, qui a assuré que « les efforts de l’Algérie ne cesseront pas jusqu’à ce que l’État de Palestine devienne membre à part entière des Nations unies », le Représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations unies, Amar Bendjama, a affirmé à New York que « nous reviendrons plus forts avec le soutien de l’Assemblée générale en faveur de l’adhésion à part entière de l’État palestinien à l’ONU ».

Le diplomate algérien a appelé « ceux qui n’ont pas pu soutenir l’admission de l’État de Palestine aujourd’hui à le faire la prochaine fois », car, dit-il, « ce n’était aujourd’hui qu’une autre étape dans le cheminement vers l’adhésion à part entière de la Palestine ».

« Le soutien écrasant à l’admission de l’État de Palestine envoie un message on ne peut plus clair : l’Etat de Palestine a une place légitime parmi les membres des Nations unies », a-t-il insisté.

Depuis Ramallah, la présidence palestinienne a qualifié « d’immorale, injustifié, et de contraire à la volonté de la communauté internationale soutenant la Palestine », l’utilisation du véto par les États-Unis pour empêcher l’adhésion à l’ONU de l’État de Palestine en tant que membre à part entière.

« La politique américaine agressive envers la Palestine et son peuple et ses droits légitimes représente une agression flagrante contre le droit international et encourage la poursuite de l’agression génocidaire contre le peuple palestinien dans la bande de Ghaza et en Cisjordanie, y compris El-Qods occupée, causant plus de tensions dans la région, sur fond de poursuite des crimes de guerre génocidaires contre les Palestiniens depuis plus de six mois, parrainés et soutenus par les États-Unis d’Amérique, qui ont constamment utilisé le veto contre les droits du peuple palestinien », a-t-elle dénoncé.

L’échec du Conseil de sécurité « ne brisera pas la volonté et la détermination des Palestiniens », a insisté de son côté le représentant de

l’État de Palestine auprès des Nations unies, Riyadh Mansour, affirmant que « l’Etat palestinien est un impératif qui existe ».

Idem pour le mouvement de résistance palestinien Hamas qui a condamné, dans un communiqué, le véto américain au Conseil de sécurité, « assurant au monde que le peuple palestinien poursuivra sa lutte jusqu’à l’établissement d’un État palestinien indépendant et pleinement souverain avec El Qods pour capitale ».

De nombreux pays et organisations ont condamné aussi ce véto, dont la Syrie qui a indiqué que « le fait d’entraver, par les Etats-Unis, le Conseil de sécurité d’assumer sa responsabilité historique de soutenir les droits légitimes du peuple palestinien, représente un autre stigmate de honte qui s’ajoute à leur (les USA, ndlr) registre plein de comportements portant atteinte aux principes de l’action internationale collective ».

« Leur parti pris aveugle (en faveur de l’entité sioniste) est une preuve sur leur hypocrisie politique via la gestion sélective de la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité qui soulignent toutes, la nécessité de répondre aux droits légitimes du peuple palestinien », ajoute le ministère syrien des Affaires étrangères.

L’Iran aussi a qualifié d' »irresponsable » et de « non constructif » le vote des États-Unis, bloquant la candidature palestinienne à l’adhésion à part entière à l’ONU.

Le vote de Washington « a révélé le caractère frauduleux de la politique étrangère américaine et sa position isolée », a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Nasser Kanani.

De son côté, l’Égypte, qui a exprimé ses profonds regrets, a affirmé que « vouloir faire obstacle à la reconnaissance du droit du peuple palestinien n’est pas conforme à la responsabilité juridique et historique qui incombe à la communauté internationale de mettre fin à l’occupation et de parvenir à une solution finale et juste à la question palestinienne ».

Le Caire a exhorté la communauté internationale à reconnaître l’État palestinien et à « assumer la responsabilité requise dans les circonstances actuelles pour redonner l’espoir de relancer le processus de paix, sur des bases sérieuses, conduisant à l’établissement d’un État indépendant, un État palestinien viable et contigu, sur les frontières de 1967, avec El Qods-Est pour capitale ».

Même son de cloche chez l’Organisation de la coopération islamique (OCI), le Parlement arabe et le Conseil de coopération des Etats arabes du Golfe (CCG) qui ont énergiquement condamné le véto américain au Conseil de sécurité.

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