Maisons des jeunes : Nos jeunes méritent le meilleur

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Maisons des jeunes, il n’en reste que des structures fantômes quasiment vouées à l’abandon. Tout simplement parce que la situation qui y régnait n’était en rien engageante. Même constat d’hier et d’aujourd’hui !

Autrefois, suite à une visite effectuée à certaines maisons des jeunes, nous avions, alors, relevé des insuffisances et une précarité à outrance provoquant une réticence plus générale à y adhérer en grand nombre comme avant. Et les responsables de l’époque avaient promis de  «s’en occuper».

Faute d’encadrement..!

Inutile de dire que presque rien n’a changé. On avait amené deux tables de ping-pong, quelques jeux d’échecs, posé un filet de volley-ball, livré une demi-douzaine de balles que l’on a converties en ballons de football, faute de personnel d’encadrement, et, luxe suprême, mis en place un poste de télévision. La réaction, il faudrait la prendre en l’état et essayer de comprendre pour quelles raisons, cette maison des jeunes est retombée dans l’anonymat quelques mois après. La raison est simple : tout l’attirail livré ne signifie rien pour un jeune.

On a gardé de ces lieux consacrés à la jeunesse une seule et unique vision, de ceux qui  y vont pour occuper leur temps libre. C’est malheureusement faux. Nos jeunes valent bien plus que cela  et ils le démontrent de manière régulière avec leurs petites inventions qui prouvent, si besoin est, que la table de ping- pong reste utile, mais que le jeune Tunisien aspire à bien d’autres horizons. Des horizons beaucoup plus ouverts sur le monde moderne.

Le jeune Tunisien, mine de rien, sait ce qui se passe ailleurs. Il connaît les difficultés que traversent les pays où il s’acharne, au prix de sa vie, à y aller. Parce qu’il est sûr de pouvoir s’accrocher et réussir.

Stratégie de la jeunesse 2035

Tout à fait par hasard, lors d’un passage à Kairouan, nous avons eu l’opportunité d’écouter un échange fait à haute voix par quelques jeunes. L’un d’eux s’est déclaré prêt à «refaire le coup». Entendez de remonter sur un bateau de «harragas» et de ré-exposer sa vie. Parce que rien ne le retient, il n’a rien d’autre à faire. Pour apprendre un métier, il lui faut une demande, une longue attente au terme de laquelle il risque fort d’être déçu. Il faudrait qu’il effectue de longs déplacements, qu’il trouve où loger, comment se nourrir.. Des difficultés à n’en plus finir. Autant attendre un bon coup avec les copains. Et c’est là où nous avons voulu en venir.

Le métier, la formation, les loisirs à terme éducatifs et formateurs  devraient aller vers les jeunes et non attendre que ces jeunes viennent vers tous les axes choisis pour l’encadrement envisagé.

A propos de cette  stratégie nationale de la jeunesse à l’horizon 2035, le chef du gouvernement a salué «le fonctionnement participatif et efficace des ministères et de toutes les parties impliquées dans l’élaboration de la stratégie nationale de la jeunesse à l’horizon 2035, soulignant la nécessité de poursuivre le travail dans l’objectif de redonner espoir aux jeunes Tunisiens et de rétablir leur confiance dans les structures de l’Etat et dans leur environnement social et économique». C’est ce qui se passe dans les pays où on s’inquiète de cette frange de la société.

Aux côtés des ordinateurs, vous trouverez un lieu où trônent un tour, une fraiseuse et surtout un technicien senior prêt à vous apprendre un métier. Qu’y a- t-il de plus pratique et de plus facile ?

Tous sont de la partie

Du côté des loisirs, il y a un personnel d’encadrement prêt à vous prendre en charge. A la fin de la séance, il y a moyen de… prendre une douche chaude (eh oui !). Non loin de là, vous risquez de tomber sur des recruteurs qui observent et piquent les meilleurs jeunes qui promettent. Et c’est la raison pour laquelle nous avons été comblés d’aise, en lisant le communiqué où il est signalé que le plan d’action 2035 sera une réalisation où différentes parties prenantes sont engagées à apporter leur assistance. Ce ne sera pas donc le seul ministère de la Jeunesse et des Sports qui aura à se démener avec ses propres moyens, à frapper aux portes, quémander, attendre, revenir à la charge pour, en fin de compte, baisser les bras et lâcher prise.

Cette stratégie nationale de la jeunesse 2035 s’articule  autour de «l’appartenance, la citoyenneté, le bien-être social, les modes de vie sains, l’intégration sociale et économique des jeunes, la créativité, l’innovation, la mobilité des jeunes et les loisirs». C’est ce que l’on appelle du travail bien fait et nous avons les moyens de le réussir. Des milliers d’enseignants d’éducation physique et sportive sont sans emploi, des formateurs spécialisés pourraient être sollicités, sinon  il y a des seniors que l’on peut intéresser, des entreprises en gestation n’auront qu’à se servir.

Comment les payer ? Faites tout simplement le compte de ce que coûtent à l’Etat tous ces dégâts causés par toute cette  jeunesse désœuvrée, tentée par un billet que leur glissent des provocateurs professionnels qui l’utilisent comme chair à canon. L’apport d’un encadrement et d’une formation sérieuse, les bienfaits d’une prise en main pédagogique et ses répercussions, et le nouvel état d’esprit de ces jeunes font qu’ils ne se sentiront plus abandonnés, oubliés de Dieu et du monde et tirez les conclusions.

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