Mémorandum d’entente sur l’hydrogène vert : TotalEnergies et Verbund à l’assaut de «l’or vert» tunisien

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Une cérémonie de signature d’un mémorandum d’entente entre le gouvernement tunisien et le consortium composé du groupe français TotalEnergies et le leader autrichien de la production d’électricité «Verbund» a été signé hier au siège de la présidence du gouvernement à La Kasbah.

Si le projet est mené à son terme, la Tunisie deviendrait l’un des principaux pourvoyeurs d’hydrogène vert pour l’Europe, à travers de gigantesques pipelines. En effet, l’ambitieux projet, qui n’en est qu’à ses début, ambitionne de produire 200.000 tonnes d’hydrogène vert par an et 5.000 mégawatts d’énergies renouvelables. Selon le secrétaire d’Etat chargé de la Transition énergétique, Wael Chouchane, le projet pourrait, à terme, générer près de 400.000 emplois.

Dans une déclaration au journal La Presse, il a indiqué que la Tunisie dispose d’une position géographique stratégique favorable pour le développement de de la production et de l’exportation de l’hydrogène vert, mais que l’Etat tunisien sera très regardant par rapport aux impacts environnementaux et sociaux de ce type de projet. Un projet qui pourrait mobiliser des investissement conséquents de 6 milliards d’euros (près de 20 milliards de dinars) dans la première phase et 40 milliards d’euros (135 milliards de dinars) lors de la phase finale à l’horizon 2050. Une enveloppe colossale qui sera couverte par les investisseurs français et autrichiens, ainsi que d’autres bailleurs de fonds.

1 million de tonnes par an

A l’horizon 2050, la Tunisie pourrait atteindre une capacité de production d’un million de tonnes d’hydrogène vert par an. Ce projet s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale qui vise à atteindre une production de 8,3 millions de tonnes d’hydrogène vert par an destinées au marché domestique et 6 millions de tonnes destinées à l’exportationd’ici 2050.

Notons que c’est la ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Fatma Thabet Chiboub, côté tunisien, Stéphane Michel, directeur général de la branche Gas, Renewables & Power et membre du Comité exécutif, et Franz Helm du groupe autrichien Verbund, qui ont signé le mémorandum d’entente en présence de la directrice du cabinet du Chef du gouvernement, Samia Charfi Kaddour, et plusieurs ambassadeurs de pays européens.

Par ailleurs, Wael Chouchane rappelle, dans une déclaration à La Presse, qu’il ne s’agit pour l’instant que d’un mémorandum d’entente, ce qui signifie qu’il s’agira d’abord d’œuvrer au lancement des études techniques du projet.

Un des leaders dans le domaine

Lors de son discours à l’occasion de cet accord, la ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Fatma Thabet Chiboub, a souligné l’importance de cet accord qui fera de la Tunisie l’un des leaders dans le domaine.

Le leadership dans ce domaine est aussi le maître mot chez les entrepreneurs français et autrichiens, en témoignent les mots de Stéphane Michel représentant TotalEnergies, pour qui «la signature du mémorandum d’entente permettra aux groupes français et autrichien d’être des pionniers et des leaders dans le développement de l’hydrogène vert en Tunisie».

Outre ses retombées économiques espérées par la Tunisie, la stratégie 2030 pour les énergies renouvelables vise à «attirer davantage d’investissements locaux et étrangers pour produire des énergies propres, diversifier les sources d’énergie, et s’aligner sur les tendances mondiales pour faire face aux changements climatiques et réduire les émissions de carbone et les gaz à effet de serre».

Dans le domaine de la production de l’hydrogène vert, la Tunisie devra être attentive à la concurrence des pays méditerranéens voisins, à l’instar de l’Algérie et du Maroc, qui disposent eux aussi de leurs propres stratégies nationales. En juillet 2023, la Sonatrach (Algérie) et TotalEnergies ont signé un protocole d’accord dans le domaine des énergies renouvelables. Au Maroc également, TotalEnergies est très intéressée par les potentialités du pays. La Tunisie devra donc redoubler d’effort pour attirer les investisseurs, même si la demande européenne semble très gourmande par rapport à l’offre.

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