Ligue des champions – L’EST battue par Al Ahly en finale : Notre compétition est-elle si crédible ?

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Il faudrait concevoir des compétitions qui protègent nos équipes représentatives, tout en leur offrant l’occasion  d’améliorer leur compétitivité. Un calendrier n’est pas une simple formalité à accomplir.

 Une équipe qui plie une finale de coupe d’Afrique en moins de cinq minutes, ce n’est pas courant, mais Al Ahly a réussi à le faire, face à une EST qui a surpris par sa fébrilité et sa paralysie mentale. Il n’y a pas d’autres explications que cette brutale chute de concentration, pour expliquer ce visage méconnaissable de l’équipe espérantiste sur laquelle ses fervents supporters ont fondé de grands espoirs.

Au fur et à mesure que les minutes s’écoulaient, notre esprit se trouvait de plus en plus accaparé par des idées qui s’imposaient d’elles-mêmes. L’équipe tunisienne était censée être la meilleure du pays. Elle caracole en tête du classement du play-off sans être concurrencée par ses adversaires jusque-là.

Cela prouve au moins une chose. La fraîcheur des Egyptiens démontre, qu’en dépit d’un programme chargé, ils tiennent le coup. Tout s’explique.

Alors que les communiqués de la FTF annoncent des renvois, des changements à n’en plus finir, nous retrouvons côté égyptien, marocain, algérien, à chaque fois que l’on effectue une visite sur les chaînes qui transmettent les différentes compétitions, des matchs. Cela nous donne l’impression qu’ils n’arrêtent pas de jouer. Cela compte d’avoir des dizaines de rencontres dans les jambes, des matchs de compétition, c’est du sérieux. Pendant ce temps, nos équipes, grâce aux compétitions qu’on leur concocte, sont en stage improvisé, cherchent des rencontres amicales, pour… meubler leur temps.

Collectif absent

Nous ne devons pas être les seuls à le remarquer et nous souhaitons que la DTN agisse pour mettre un terme à ces formules boiteuses et consolide  nos compétitions pour les rendre utiles. Il faudrait concevoir des compétitions qui protègent nos équipes représentatives, tout en leur offrant l’occasion  d’améliorer leur compétitivité. Un calendrier n’est pas une simple formalité à accomplir. Nous avons eu l’occasion de voir le match d’Ezzamakek contre Berkane, les deux équipes étaient bien en souffle et tournaient à un rythme bien plus élevé que celui de la plupart de nos équipes. Cela prouve, si besoin est, que quelque chose ne va pas de notre côté.

L’Espérance, effectivement, en dépit du léger mieux de la seconde période et des changements opérés, n’arrivait pas à entrer pleinement dans le match. Nos représentants ont été certes assommés d’entrée par ce but surprise, mais une formation arrivée en finale, une équipe qui a  écarté toutes celles qu’elle a trouvées sur son chemin pour atteindre ce stade de la compétition, devrait avoir un minimum de réaction. Cela n’a pas été le cas. Cela nous a renvoyés au match livré à Sundowns. Un but et c’est tout. Impossible de penser autrement qu’à la composition de l’équipe. Elle ne possède pas de joueurs réellement capables de secouer leurs camarades, de les arracher à leur désespoir d’avoir encaissé un but en tout début de match et de les repositionner sur le terrain pour remettre en question la suprématie de l’adversaire. L’entraîneur a beau se débattre et opérer des changements, le collectif, seul moyen de piéger les Egyptiens, demeurait absent. Et cela nous ramène à la nécessité d’investir dans des éléments réellement de bon niveau, de très bon niveau. L’Espérance a les moyens pour le faire. Sa domination sur les péripéties d’une compétition nationale, saucissonnée et peu crédible pour servir de moyens de préparation pour nos différents représentants en compétitions africaines, appelle des changements. Des changements que la DTN devrait initier pour mettre un terme à une période où la préparation des équipes représentatives tunisiennes était le dernier souci de ceux qui décidaient de tout. Les compétitions nationales sont les seules à pouvoir imprimer un rythme soutenu, une combativité à toute épreuve, un mordant qui bloque et tient en respect l’adversaire. Al Ahly, en fin de compte, n’était pas un foudre de guerre. C’est une équipe soudée, bien en souffle, solidaire de par la contribution que chaque joueur se sent obligé d’apporter à ses camarades pour colmater les brèches et amorcer les répliques. Contrairement à l’Espérance dont les joueurs étaient sous l’emprise d’une sorte de trac inhibiteur, la balle récupérée devient vite une menace.

A Al Ahly, ce sont de  bons soldats de métier qui savent ce qu’ils ont à faire et qui répondent au quart de tour aux réactions de leurs adversaires.  L’organisation, la formule et le rythme de nos compétitions sont à revoir. Nous devons au moins nous aligner sur ce qui se fait au niveau de nos adversaires potentiels.

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