La Tunisie et la Chine, pourquoi pas, vers un partenariat stratégique

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Editorial La Presse

 

Le Président de la République, Kaïs Saïed, effectue depuis mardi 28 mai jusqu’au 1er juin, une visite d’Etat en Chine, à l’invitation du président chinois, Xi Jinping.

Au cours de cette visite, le Chef de l’Etat prendra part, en sa qualité d’invité d’honneur, à la séance inaugurale du 10e Forum de coopération sino-arabe prévue aujourd’hui, jeudi 30 mai, à Pékin. Le Sommet, qui a lieu tous les deux ans, célèbre cette année son 20e anniversaire. Il a été lancé en 2004. Dans cette édition, la Palestine est en tête des points prévus à l’ordre du jour. La réunion d’aujourd’hui, qui se tient en présence du Président de la République, du président chinois et de plusieurs chefs d’Etat arabes, place l’Empire du Milieu au centre de tous les regards et pourrait donner lieu à une « Déclaration de Pékin » qui devrait insister sur la question palestinienne, sur un cessez-le-feu à Gaza et la paix au Moyen-Orient.

Tout juste après les partenaires historiques et européens, à l’instar de la France, l’Italie et l’Allemagne, la Chine est le 4e partenaire commercial de la Tunisie. Le domaine de coopération privilégié à ce jour est le tourisme.  Le marché chinois demeure l’un des plus gros pourvoyeurs de touristes dans le monde. Quelque 180 millions de touristes chinois voyageaient à travers la planète en 2018. Les prévisions pour 2030 font état de plus de 280 millions. C’est dire l’importance que cette manne représenterait pour le tourisme tunisien s’il parvenait à s’accaparer une part conséquente du marché chinois.

Le rapprochement entre la Tunisie et la Chine opéré depuis plusieurs années est vu d’un bon œil autant par les professionnels que par les Tunisiens en général. La diversification des partenaires représente un enjeu important pour la Tunisie. De plus, le géant asiatique entreprend une diplomatie économique active en Afrique, au point de devenir, depuis 2010, le premier partenaire commercial du continent. Parmi les pays de la région que ciblent les gros investissements chinois, le Maroc, notamment dans le secteur automobile et la production de batteries pour voitures électriques. La Tunisie n’en est pas encore à ce stade, mais semble être sur la bonne voie. Question qui s’impose à cet égard : quels sont les attraits et avantages comparatifs que la Tunisie offre aux investisseurs étrangers, en l’occurrence, chinois ?

Le Sommet représente donc une occasion à saisir pour ratifier une nouvelle série d’accords commerciaux entre les deux pays dans plusieurs domaines, outre le tourisme, comme la santé, les transports, les infrastructures, l’énergie, les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle. La Chine étant leader mondial dans plusieurs de ces secteurs. Ainsi, espère-t-on, à cette occasion, voir les liens bilatéraux tuniso-chinois se consolider pour se hisser au rang de partenariat stratégique.

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