«Notre Regard» : Une nouvelle revue de cinéma prometteuse

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L’objectif de «Notre regard» est de «donner la place qu’ils méritent et de procéder à une sérieuse exploration de la richesse culturelle, artistique et thématique des cinémas du Sud», selon la Rédaction de ce premier numéro.

Il faut y croire pour le réaliser, ce rêve d’une revue spécialisée dans le cinéma du Sud. Dans un paysage médiatique où il est difficile de monter un journal ou un magazine de cinéma, en l’occurrence un groupe de passionnés de cinéma entreprennent une aventure un peu folle, un peu risquée qui consiste à publier une nouvelle revue de cinéma à laquelle il a donné le nom «Notre regard». Le site «Cinematunisien.com» (sis à Paris) est l’initiateur de cette publication semestrielle dédiée en version numérique au cinéma arabe et africain.

Ce nouveau-né en langue française n’est pas le premier du genre. Il y a eu précédemment plusieurs revues de cinéma dont la dernière en date est «SeptièmArt» (ex-Goha) disparue avec la mort de son fondateur et directeur Mustapha Nagbou. Il y a eu entre temps : «Charit», «La Vague», «Contact», «Ecrans de Tunisie», «Nawadi Cinéma», «Adhoua», «Cinéma arabe» et «Le Cinéphile» qui ont vite disparu en raison d’un modèle économique quasi-absent se basant sur les apports financiers de leur initiateur. Les rédacteurs portés par la passion du cinéma s’engagent à écrire sans contrepartie financière. Ce qui a fragilisé l’existence de ces publications.

L’objectif de «Notre regard» est de «donner la place qu’ils méritent et de procéder à une sérieuse exploration de la richesse culturelle, artistique et thématique des cinémas du Sud», selon la Rédaction de ce premier numéro. Combler le vide persistant dans le domaine de la critique cinématographique, encourager la mise en place d’un dialogue libre, responsable et constructif entre les cinéastes, les critiques et le public, faire en sorte que la revue soit un espace d’échanges permanents et instructifs entre les différentes expériences cinématographiques arabes et africaines sans toutefois exclure le reste du monde, etc.

Pour ce faire, la revue dispose d’un contenu varié portant sur des critiques de films, des entretiens exclusifs, des dossiers thématiques et des réflexions approfondies. D’ores et déjà, on peut lire dans le premier numéro : Un dossier sur la critique signé Mouldi Fehri, dans la rubrique cinéma tunisien, des articles sur les politiques publiques dans le domaine du cinéma (Fethi Kharrat), Les archives audiovisuelles tunisiennes (Neila Gharbi), La spoliation, (Mohamed Challouf) Modernité et cinéma tunisien (Hamadi Bouabid), Le foisonnement du cinéma tunisien d’après 2011 (la Rédaction), «Les filles d’Olfa» : l’art de montrer sans démontrer (Mohamed Jaoua), «Tamess» ou le besoin de se réinventer ailleurs, «Sous les figues» : portrait d’une jeunesse qui ne lâche rien et «Par-delà les montagnes» : l’irrationnel au service du réel (Mouldi Fehri).

Les rubriques cinémas arabes et cinéma africains comportent un article sur «Shadi Abdessalem, au-delà du perceptible (Hamadi Bouabid) et Cinéma sénégalais : les femmes mènent la barque (Baba Diop) et en dernier lieu les Rencontres et festivals : l’incompréhensible annulation des JCC 2023 (Cinematunisien.com), «Camp de Thiarye» au festival de Cannes 2024 : Mieux vaut tard que jamais (Mohamed Challouf) et Festival du film de femmes d’Assouan : la Tunisie, premier pays invité d’honneur (La Rédaction).

Bienvenue à cette nouvelle revue de cinéma prometteuse qui vient enrichir le secteur cinématographique arabe et africain qui a un réel besoin de médiatisation et de critique. Longue vie à «Notre regard» et bravo à ses rédacteurs tous spécialisés dans l’information et la critique cinématographique. Bon vent !

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