Au fait du jour | Des responsables que l’on mérite !

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Nous avons été franchement surpris par les déclarations d’un haut responsable du sport qui a qualifié l’absence aux JO d’une sportive d’élite d’insignifiante, jugeant que cette absence n’aura aucun impact sur les résultats futurs de la délégation tunisienne. C’est le comble, tout d’abord, d’entendre ce genre d’assertions venant d’une personnalité dont la principale mission est de prôner l’amitié, l’union et l’humanisme. En effet, un sport qui ne ressert pas les liens entre les membres d’une même société n’est plus qu’une activité où la gesticulation prend le pas sur la saine éducation du corps et de l’esprit. Toute absence est regrettable et celui qui en est la cause doit rendre des comptes. Ces absences ont des raisons que seul l’athlète connaît et que, pour des raisons évidentes, il ne veut pas divulguer ou ne souhaite pas le faire pour s’éviter l’ire d’un responsable. L’irresponsable devient, dès lors, un obstacle qui réduit à néant le fruit de longues années de travail et de sacrifices. Le pire de ces irresponsables est celui qui utilise les cordons de la bourse pour se faire respecter. Le meilleur est celui qui agit dans la clarté, la discrétion et évite les confrontations inutiles. Il est connu que ces sportifs d’élite ont un caractère difficile. C’est la conséquence de cette immense pression à laquelle ils sont soumis. On leur demande des résultats. Tout le reste est secondaire. Tout devient dès lors secondaire. Et c’est là où se situe la qualité qui fait la différence. Cette patience et ce doigté, qui sont des qualités que l’on acquiert grâce au contact avec la réalité et non pas du haut d’un fauteuil providentiel. Ce n’est malheureusement pas le cas et souvent nous nous retrouvons face à des situations, pour le moins qu’on puisse dire, inextricables. Le cas de Ayoub Hafnaoui, un jeune qui vaut au moins trois médailles olympiques et ce n’est pas peu pour un pays comme le nôtre qui se bat à armes inégales contre des mastodontes du sport dans le monde, n’est pas encore réglé. La FTN s’efforce de le faire, mais les dégâts sont si importants qu’il faut du temps pour tout reprendre en main. Le retrait de Ons Jabeur qui, elle aussi, vaut une médaille, n’est pas un geste innocent. Si nos souvenirs sont bons, elle avait ardemment souhaité participer aux JO. Tout simplement parce que, pour elle, c’est la dernière occasion de le faire. Qu’est-ce qui a changé et que s’est-il passé ? Il serait intéressant de connaître ses raisons et d’en tirer les conclusions.

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