
Il ne reste plus que quelque jours et nous célébrerons, à l’instar des pays musulmans, la fête de l’Aïd; une fête purement religieuse à dominante infantile. C’est que les enfants s’impatientent de voir arriver l’Aïd el Fitr pour acheter de nouveaux vêtements et se pouponner, tels des princes et des princesses. Sauf que, parmi les enfants tunisiens, figurent ceux pour qui la vie semble injuste. Des enfants abandonnés par leurs parents biologiques sont pris en charge par des associations caritatives. Ils vivent dans des unités de vie, grâce aux bienfaiteurs.
Parmi les associations investies dans la prise en charge des orphelins abandonnés, figure l’association «Diar el Amal», dont le siège est situé à El-Menzeh 8. Créée en 2006, cette ONG constitue une unité de vie en faveur d’enfants abandonnés à la naissance. «Depuis sa création, l’association a réussi à accueillir et prendre en charge plus de 760 enfants, âgés entre zéro et deux ans. La moyenne annuelle de prise en charge est de soixante enfants», indique Mme Alya Sebaï, présidente de «Diar el Amal».
La prise en charge vient en substitut aux rôles des parents et de l’entourage familial.
Elle assure aux enfants leurs besoins biologiques, affectifs et sécuritaires et ce, jusqu’à la régularisation de leurs situations sociales respectives. «Seulement 20% des enfants retournent à leurs familles biologiques. Du reste, ils sont ou parrainés ou adoptés. D’ailleurs, les taux relatifs à l’adoption et au parrainage sont quasi similaires», renchérit la responsable.
Le don : un geste vital !
En attendant, les enfants sont logés, nourris, vêtus et font l’objet de soins par la direction et par les nourrices. Toutefois, et en dépit de la subvention de l’Etat que reçoit cette organisation non gouvernementale afin de soutenir l’action sociale de l’Inpe, venir en aide aux petits anges délaissés et remédier, un tant soit peu, à la frustration dont ils sont victimes dès le premier jour de leur naissance, les moyens manquent pour garantir la stabilité rassurante et salutaire.
Les droits des enfants à la nourriture, aux couches, aux soins et aux vêtements sont garantis grâce aux dons des bienfaiteurs et de la direction. «Les Tunisiens sont compatissants et prouvent, à chaque fois, leur soutien inconditionnel à ces enfants. Ces derniers ont toujours besoin de lait, de couches, de biberons ; bref, de tout ce que nécessite un enfant durant cette tranche d’âge…», ajoute Mme Sebaï.
A l’approche de l’Aïd, l’association lance un appel aux dons. «Il faut dire que, précise la directrice, l’appel aux dons représente souvent l’alternative au déficit budgétaire de l’association.
On y recourt chaque fois que nous passons par une crise. Cela dit, durant Ramadan, nous tenons toujours à attirer l’attention des Tunisiens sur les orphelins, les incitant ainsi à leur consacrer la «zakat» et les dons. Les donateurs peuvent, en effet, donner de l’argent en faisant des virements au compte bancaire de l’association ou encore apporter des aides en nature notamment des aliments, des vêtements, des couches, du lait, etc». Aussi, les enfants ont besoin de prendre goût à l’Aïd el Fitr et de bénéficier de tenues neuves, comme leurs semblables.
Actuellement, ils ne sont que dix-neuf enfants à attendre de recevoir les vêtements de l’Aïd. Bien d’autres encore, pris en charge par d’autres associations, le souhaiteraient aussi vivement…