Interférence entre les paysages politiques et médiatiques : Quand candidats et journalistes se trompent de combat

Les tiraillements entre, d’une part, les candidats à la présidentielle et politiciens et les journalistes-animateurs, d’autre part, cachent certainement une interférence entre les paysages politique et médiatique en cette période électorale.

L’affaire a commencé lorsque le bureau de presse du candidat à l’élection présidentielle anticipée Abdelkrim Zbidi a affirmé que les allégations concernant un éventuel refus de participation à l’émission de Boubaker Ben Akacha sans connaître au préalable les questions sont dénuées de tout fondement. Dans un communiqué rendu public, ce bureau de communication persiste que son candidat n’a programmé aucune interview avec ledit journaliste et exprime son étonnement de son comportement.

Mis sur le banc des accusés, le journaliste-animateur a réagi sur sa page Facebook affirmant qu’il n’en est rien. Selon sa version des faits, Abdelkarim Zbidi aurait exigé des «garanties de neutralité» avant d’effecteur cette interview. Ben Akacha ajoute, à cet effet, qu’il y a eu accord pour effectuer l’interview, jeudi 29 août 2019, affirmant qu’il n’a «jamais publié quoi que ce soit à propos de conditions préalables».

Recevant dans le cadre de son émission «Saken Carthage» (l’occupant de Carthage), l’autre candidat à la Présidentielle Néji Jalloul, Boubaker Ben Akacha a également affirmé qu’il «n’utilisera pas cette tribune médiatique pour répondre à Abdelkarim Zbidi».

Mais sur les réseaux sociaux ce conflit a pris une autre tournure : une cascade d’accusations, de diffamation et de désinformation s’est déclenchée à travers la publication de fausses informations. Il serait utile, dans ce cadre, d’indiquer que Sahar Mechri, chargée d’information et de communication de la campagne électorale du candidat à l’élection présidentielle anticipée Abdelkarim Zbidi, a annoncé son retrait de la campagne électorale, sans préciser les motifs.

Il est à rappeler, également, que consciente de cette interférence entre vie politique et médiatique la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (Haica) a mis en garde contre le danger encouru par l’implication des journalistes dans les tiraillements politiques appelant les structures du métier à jouer leur rôle dans la préservation du secteur et à accélérer la mise en place d’un conseil de presse afin d’activer les mécanismes d’autorégulation dans les établissements médiatiques.

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