Il y a deux vérités que la sélection, dans ses différentes versions, avait pris l’habitude de vivre. L’une issue du terrain, l’autre des appréhensions de ses sélectionneurs. Ici et là, elle n’a pas souvent évolué sur ses véritables moyens. Elle n’avait ni un style propre ni une expression de jeu. La plupart du temps, elle se donnait la priorité de s’adapter aux exigences récurrentes aux matches et aux adversaires. La plupart des sélectionneurs qui sont passés par là  n’avaient que très rarement libéré le potentiel des joueurs. La créativité n’avait que très rarement une  place dans les stratégies élaborées. La qualité du jeu ne pouvait que s’en ressentir.

Beaucoup de choses restent à faire et un long travail attend Giresse.
Mais même si les questions essentielles pour l’avenir restent encore sans réponses, il est aujourd’hui dans l’obligation d’enrayer et de mettre fin aux dérives et aux insuffisances qui se sont accumulées depuis de longues années. Il est désormais question d’un véritable plan de bataille destiné à rendre à la sélection ses valeurs et son authenticité. Nous sommes de plus en plus convaincus que si la présence de certains joueurs est souhaitée, leurs compétences le sont encore davantage.

Il faut admettre que l’équipe ne changera pas du jour au lendemain. L’héritage est lourd et il manque encore du vécu aux joueurs d’aujourd’hui, même si certains d’entre eux en  ont accumulé depuis un bon bout de temps, surtout dans la difficulté et dans la souffrance. La relance passe inéluctablement par l’assainissement de l’entourage. Il est temps de choisir les hommes qu’il faut à la place qu’il faut. Certains ont fait leur temps et ils n’ont plus rien à donner et encore moins à ajouter. Une nouvelle génération, aussi passionnée qu’échauffée, ne se contente plus d’attendre sa chance. Elle est même décidée à la provoquer, à la forcer.

Nous  osons espérer que Giresse soit conscient de ce qui manque encore au groupe dont il dispose, qu’il connaisse les prérogatives et les aptitudes des joueurs, les limites et l’interface de certains autres. Les priorités et les urgences de chaque compartiment.

La sélection doit retrouver ce qui pourrait devenir sa force. Un état d’esprit conquérant, une base solide, un ensemble homogène

Lorsqu’on s’investit dans une mission, on n’a plus d’autre choix que d’en assumer la responsabilité et la mener jusqu’au bout. Il faut se battre, avoir faim. C’est cela le football. C’est cela le haut niveau. L’équipe et les joueurs devraient faire preuve d’un rapport très spécifique aux victoires et aux exploits. Un rapport qui ne se limite pas aux terrains du jeu. Il s’agirait à ne point douter d’une problématique bien plus large quant à la manière avec laquelle on justifie sa présence en sélection.

Pour cela l’on doit comprendre que le sort de l’équipe n’est pas seulement tributaire de ses propres joueurs, mais aussi et surtout de l’autorité supérieure de son entraîneur…

 

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