Jamais année scolaire n’a été aussi catastrophique que cette année-ci. Les longs mois de perturbations au cours des deux premiers trimestres ne manqueront pas d’impacter les résultats des examens nationaux. C’est ce que le ministre de l’Education a souligné, récemment, en parlant des préparatifs pour le Bac. On se rappelle, tous, les grèves et les boycottages des examens par la Fédération générale de l’enseignement secondaire (ce bras de fer inédit a valu à Lassaad Yacoubi, secrétaire général de la Fges d’être réélu à la tête de ce syndicat). Jusqu’à l’heure actuelle, les collégiens et les lycéens n’ont pas reçu leurs bulletins de notes. Ils ne savent même pas comment le calcul des moyennes a été fait puisqu’on a laissé aux enseignants le choix d’opter pour l’une ou l’autre des méthodes de calcul.

90 % des sujets déjà prêts
La crainte est d’autant plus grande pour les élèves des classes terminales qui se préparent à affronter les examens. Ils commenceront par les épreuves d’éducation physique qui démarrent demain, lundi 15 avril. Le système de contrôle continu a été déstructuré au point que personne ne peut avoir une évaluation précise sur son niveau réel. De nombreux devoirs ont été « sautés », ce qui fait que le nombre de devoirs par trimestre ne correspond plus au nombre de devoirs effectués réellement. Il y a, donc, un manque qui se répercutera, nécessairement, sur la vraie valeur de l’élève. Car, faut-il le dire, les sujets des examens du bac (dont 90 % sont prêts) doivent respecter des paramètres précis. Sans entrer dans des détails pointilleux, il y a lieu de dire que le diplôme du Bac ne peut pas être un diplôme au rabais. D’où une certaine crainte des autorités concernant des répercussions néfastes, pour cette année, au niveau des taux de réussite.

Il est vrai que certains enseignants se sont portés volontaires pour réaliser avec leurs élèves des séances de rattrapage afin de remplacer les heures perdues à cause du boycott des cours par les élèves (qui protestaient contre le boycott des examens par la Fges). Toujours est-il qu’on peut compter sur la capacité de nos enfants à surmonter ces obstacles et à minimiser, autant que faire se peut, les dégâts. Aussi, pourront-ils, dès ce lundi 15 avril, s’engager, résolument, dans ce marathon des examens qui se prolongera jusqu’à la mi-juillet. En effet, le bac sport se tiendra jusqu’au 27 avril. Des mesures ont été prises par le ministère pour encadrer les « festivités » qui sont organisées à cette occasion et qui, parfois, finissent mal ou connaissent des dépassements. Les parents ont, également, une part importante dans la sensibilisation de leurs enfants quant à la dangerosité de certaines actions entreprises dans le cadre de ce qu’on appelle « la dakhla » du bac. A cet effet, le ministère de l’Education avait envoyé des sms aux candidats du bac sport pour les inciter à respecter les conditions des épreuves afin d’éviter les sanctions qui pourraient aboutir à des mesures d’interdiction de passer l’examen.

C’est pourquoi le ministère de l’éducation avait également appelé à mettre en place des commissions composées de représentants des candidats concernés, des parents et éducateurs pour veiller au bon déroulement de ces cérémonies et pour prévenir tout risque de débordement.

236 centres d’examen pour le bac sport
Selon des déclarations de M. Omar Ouelbani, directeur général des examens au ministère de l’Education, le nombre de candidats au bac pour cette année s’élèverait à 119.551 (contre un peu plus de 132.000 l’année passée). Parmi eux, 109.408 relèvent du secteur public. Au cours des épreuves sportives, ces candidats évolueront dans  236 centres d’examen répartis sur tous les commissariats régionaux à l’éducation, en collaboration avec le ministère de la Jeunesse et des Sports. 1.810 autres élèves inscrits dans 308 établissements éducatifs privés passeront les mêmes épreuves. Par ailleurs, M. Ouelbani a remarqué qu’il y a 3.893 candidats dispensés du bac sport pour des raisons de santé.

Ainsi, c’est l’entrée en matière avant les deux sessions qui se dérouleront au cours du mois de juin et qui empièteront sur le mois de juillet. Justement, avec le mois de Ramadan qui débuterait vers le 6 mai et conduirait aux fêtes de l’Aïd autour des 6, 7 et 8 juin, les épreuves écrites de la session principale ont été décalées d’une semaine. Les examens de la session principale se dérouleront les 12, 13, 14, 17, 18 et 19 juin 2019. Les résultats seront, alors, proclamés le 30 juin. Quant à la session de contrôle, elle aura lieu les 2, 3, 4 et 5 juillet avec proclamation, officielle, des résultats le 13 juillet. 

Auparavant, les candidats au bac devront subir les épreuves du bac blanc programmées les 16, 17, 18, 20, 21 et 22 mai dans leurs établissements respectifs. Du 24 mai au 1er  juin, ce sera au tour des épreuves pratiques et orales.

Dans le même contexte, une opération blanche d’envoi de sujets du bac s’est déroulée vendredi dernier. Elle a englobé 572 lycées. Cette opération a été une réussite totale. C’est ce qui a fait dire à M. Ouelbani que l’éventualité de la mettre en œuvre pour tous les examens nationaux ne serait pas à exclure.

S’agissant des mesures anti-fraude, le ministre de l’Education a affirmé qu’il n’y aura pas, cette année, recours aux appareils de brouillage électronique. Toutefois, on affichera une vigilance accrue quant à l’utilisation des moyens numériques pour tricher.

A titre de rappel, l’année dernière, 951 cas ont été enregistrés dans  les deux sessions. Environ 50 % l’ont été  dans les commissariats régionaux à l’éducation de Kasserine, Sidi Bouzid, Gafsa, Kairouan et Tunis II.

A.CHRAIET

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