En crise à la fois éthique et identitaire, le paysage politique a visiblement mauvaise mine. Il pâtit d’une image déplorable. Faute de pouvoir (ou de vouloir) reposer sur une vision objective : les a priori semblent éternels dans les pourparlers et les alliances relatifs à la formation du gouvernement, mais aussi à la présidence de l’Assemblée des représentants du peuple dont les élections auront lieu aujourd’hui.

Ennahdha, qui campe sur ses positions,  ne cesse de réaffirmer son droit à la formation et à la présidence du gouvernement, conformément aux dispositions de la Constitution et compte tenu des résultats des élections.

Dans un contexte et une ambiance pas toujours linéaires, mais où seuls les actes peuvent définir les rôles et juger de leur justesse, cibler les parties impliquées dans le paysage politique revient à viser tout le processus démocratique dans lequel s’est engagé le pays.

La question de la gouvernance, avec tout ce qu’elle comporte d’appréhension, de jugement et d’interprétation, ne relève pas cependant d’une personnalisation des approches et des pensées. Les propositions et les alternatives seront toujours contestées, remplaçables aussi. L’élection aujourd’hui du président de l’ARP déterminera la suite des pourparlers et des négociations pour la formation du gouvernement, et tout particulièrement le choix du chef du gouvernement.

Mais le problème est que l’attitude, parfois même les calculs et les positions excessives, entretiennent une incompréhension globale de contexte dans lequel se trouve actuellement le pays. Autour de la chose politique, l’intensité des oppositions est devenue fortement proportionnelle à l’enjeu. Faut-il faire comprendre aux polémistes, qui n’ont toujours aucune envie de comprendre, que gouverner, c’est aussi en avoir le mérite. C’est-à-dire, non pas seulement le savoir-faire, la compétence et l’aptitude, mais également prendre les décisions qu’il faut dans les moments les plus indiqués et sans lesquelles l’on ne peut pas avancer.

La bulle spéculative qui s’est emparée du monde politique  risque d’éclater à tout moment. La plupart des parties impliquées n’arrivent plus à joindre les deux bouts. Encore moins à honorer leurs engagements. Ne serait-il pas temps d’ausculter ce mirage politique et d’inciter à une modération qui, en définitive, leur profiterait.

Plus que les discours, la vie politique est aujourd’hui à la recherche d’actes, de programme, de stratégie et d’alternative. Faire régner l’ordre ne suffit pas à construire un climat positif. La confiance et le sentiment d’appartenance nécessitent un travail qui cultive le respect, la sérénité et les obligations mutuelles.

Vivre dans le doute, c’est aussi vivre dans une attente permanente. Cela personne ne semble aujourd’hui l’ignorer, notamment par rapport à ce que ne cessent de laisser entrevoir les hommes politiques. Sur le gâchis se profilent encore et toujours les dessous d’un avenir pas tout à fait rassurant…

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