L’affaire de Cactus Prod, dans laquelle est impliqué le magnat des médias Sami Fehri, connaît un nouveau rebondissement. A peine un mois après sa libération, Sami Fehri, ainsi que la mandataire judiciaire de Cactus Prod et l’agent de la société Eight Prod ont été ciblés par des mandats de dépôt émis par le pôle judiciaire économique et financier près la Cour d’appel de Tunis.


Les décisions interviennent suite à une plainte intentée par le chef du Contentieux de l’Etat au nom de la Commission nationale de gestion des avoirs et des Fonds, objet de confiscation ou restitution contre les sociétés précitées. C’est en tout cas ce que confirme le porte-parole de la Cour de cassation de Tunis, Habib Torkhani.

Pourtant, le producteur présentateur et propriétaire de la chaîne Elhiwar Ettounssi Sami Fehri, la mandataire judiciaire de Cactus Prod et l’agent de la société Eight prod, qui ont été arrêtés le 5 novembre dernier, ont été remis en liberté, dix jours après, sur décision du juge d’instruction près le pôle judiciaire économique et financier. Mais au final, étant donné les développements de l’enquête, le Chargé du contentieux de l’Etat déposait une plainte, suite à quoi, le parquet a émis les nouveaux mandats de dépôt.

Le 29 octobre dernier, le parquet près le Pôle judiciaire économique et financier avait décidé d’émettre une interdiction de voyage à l’encontre de la mandataire judiciaire de la société de « Cactus Prod », du producteur présentateur Sami Fehri et de son épouse. Cette décision a été prise après l’avancement de l’enquête dont s’est saisie le parquet du Pôle suite à la plainte déposée par le Chargé du contentieux de l’Etat contre le ministère des Finances et plus précisément la Commission nationale de gestion des biens confisqués. Le 5 novembre dernier, la garde à vue du magnat des médias Sami Fehri, de l’administratrice judiciaire de Cactus Prod et du gérant de la société pour des enquêtes a été ordonnée par ce même Pôle judiciaire dans le cadre de cette affaire d’abus et de corruption financière, mais ils ont été libérés quelques jours après.

Ces arrestations interviennent donc dans le cadre d’une nouvelle affaire, autre que l’affaire initiale de « Cactus Prod », laquelle liée à la plainte déposée par le Chargé du contentieux de l’Etat contre le ministère des finances et plus précisément la Commission nationale de gestion des biens confisqués.
 
Retour sur les faits
Cette nouvelle affaire porte sur des soupçons de corruption commis par l’administratrice judiciaire de la société Cactus Prod objet d’une confiscation pour avoir conclu délibérément des contrats en violation des lois et dispositions en vigueur. Réagissant à cette série d’arrestations, l’avocat d’Elhiwar Ettounsi et Sami Fehri, M. Abdelaziz Essid, avait expliqué que son client a été arrêté bien qu’il ne fasse pas l’objet d’aucune enquête judiciaire dans le cadre de cette affaire. L’avocat avait également expliqué que l’affaire de son client a pris une dimension politique.

Des agents de la police ont fait, le 6 novembre, une descente au domicile de Sami Fehri ainsi qu’au siège de la société et de la chaîne. La descente policière avait pour but de rechercher d’éventuels éléments en rapport avec cette affaire. La fouille des maisons a aussi concerné les domiciles des amis et de la famille proche de Sami Fehri.

Il faut rappeler dans ce contexte que l’affaire initiale de la société de production « Cactus Prod » traîne depuis 2011. Sont accusés dans cette affaire, outre le présentateur Sami Fehri, l’ancien ministre-conseiller auprès de la présidence de la République, Abdelwahed Abdallah et cinq directeurs généraux de l’établissement de la télévision tunisienne (ETT): Mustapha Khammari, Mohamed Fehri Chelbi, Brahim Fridhi, Moncef Gouja et Hédi Ben Nasr. Est également impliqué dans cette affaire, Belhassan Trabelsi, beau-frère de l’ex-président Ben Ali.

L’affaire concerne, rappelons-le, des dépassements commis par la société de production « Cactus Prod » sous l’ancien régime et qui ont causé de grosses pertes financières à l’Etablissement de la Télévision tunisienne. La chambre pénale spécialisée dans l’examen des affaires de corruption financière près le pôle judiciaire économique et financier a décidé, lundi dernier, de reporter l’examen de cette affaire au 26 décembre prochain.
En août 2012, Sami Fehri a été également emprisonné, puis libéré plus d’un an après, dans le cadre de cette même affaire devenue, en effet, un feuilleton judiciaire très médiatisé.

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