Le blocage dans la formation du prochain gouvernement à l’issue des concertations-marathons engagées depuis un mois était prévisible. Il y avait déjà abondance d’indices inquiétants, mais on ne savait pas les déchiffrer. Les premiers constats risquaient dès les premières concertations de rendre la formation du gouvernement hautement aléatoire. Car au fond, ce que la crise remettait en question d’une manière assez inédite, c’est la place que devait avoir la confiance dans les différentes consultations, notamment avec les partis politiques.

Personne n’a été capable de prévoir, du moins de prendre des mesures de nature à anticiper ce qui allait se passer à partir de l’éclatement de la crise de confiance. Pourtant, il ne fallait pas être un politicien hors normes pour prédire la suite des événements. C’est comme si un excès d’évidence avait détourné les regards de ce qui est prioritaire par rapport à ce qui est secondaire. Nous déplorons qu’il n’y ait eu personne pour avertir et pour rappeler à l’ordre.

Si la Constitution permet au chef du gouvernement de bénéficier d’une prolongation d’un mois pour la formation de son cabinet, les interrogations sur l’avenir des consultations restent encore sans réponse. Mal en point politiquement, en route vers la décadence, miné par les querelles et les rancœurs, le paysage politique désespère ses plus fidèles « supporters ». Et l’avenir est remis en question… En aura-t-on ainsi fini avec l’incrédibilité et les improbabilités ? Devra-t-on éternellement remettre en cause les impératifs et les besoins du pays dans un contexte plus que jamais particulier ?

Ce n’est pas parce qu’on appartient à une ère nouvelle qu’on a la science infuse. A l’heure actuelle, on voit de nombreux opportunistes qui rampent là où les valeurs politiques n’ont plus aucun sens, là où le sentiment d’appartenance se trouve de plus en plus conditionné par des considérations extra-partisanes. Démunis de tout dessein, ils ont leur propre raisonnement. Aujourd’hui quand sonne le glas, les solutions manquent et les alternatives font défaut. On se contente de constater sans pouvoir pour autant aller plus loin. L’idée que les réformes en actes doivent se nourrir de personnalités ayant fait déjà leur temps, et non de stratégie et de programme d’action, fut, reste et demeurera une étrangeté renouvelée !…

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