Dans le sport, comme plus largement dans la société, l’histoire des femmes a son propre rythme, sa propre temporalité. Il n’en demeure pas moins que plusieurs processus ont permis de comprendre la position du sport féminin. Sa vocation, mais aussi et surtout ses contraintes et ses obligations.

Le sport tunisien a évolué,  mais il reste essentiellement ouvert aux hommes. Les horaires, les équipements, l’ambiance, l’environnement  ne sont pas adaptés, ou alors très peu, aux femmes.

De façon générale, le sport féminin  est centré sur un style de vie assez particulier. Beaucoup de femmes pratiquent le sport pour la santé et le loisir. Le paraître est au-devant des scènes. Elles pratiquent pour la sculpture de leur corps, l’esthétisme et la convivialité. Mais la plupart des   femmes pratiquent hors fédérations et hors clubs, car la structure n’est pas suffisamment adaptée.

Les femmes sportives ont-elles de ce fait des caractéristiques sociales? Un sport, ou des sports, dans lesquels elles peuvent exceller? Y a-t-il des finalités poursuivies et attribuées à chaque discipline? Quelles sont les normes et les valeurs sous-jacentes au sport féminin? Enfin, ces normes et ces valeurs se différencient-elles du sport masculin?

En Tunisie, les femmes n’ont pas les mêmes chances d’accès que les hommes à la pratique sportive. Le taux de licenciées féminines est nettement faible par rapport à celui des hommes. Dans certaines fédérations sportives, dans des clubs, pourtant populaires, il est même insignifiant. Des fois inexistant.

Beaucoup de sportives souhaiteraient que l’on parle de leurs performances et pas de leur apparence et réclament une véritable politique volontariste en faveur du développement du sport féminin, d’un égal traitement des femmes et des hommes dans le sport de haut niveau  (le tennis est le seul sport qui respecte la parité entre les hommes et les femmes : lors des récompenses, les hommes et les femmes gagnent le même prix du premier tour à la finale.

La couverture médiatique du sport féminin est quasi absente. Les femmes aimeraient bien avoir la même médiatisation que le sport masculin.

Faire évoluer chez nous le sport féminin consisterait particulièrement à augmenter le nombre de licenciées dans les fédérations sportives et dans les clubs, améliorer et amplifier les équipements sportifs.

Les fédérations doivent  accepter cette nouvelle population qui est capable de viser et de monter sur les plus hautes marches des podiums. Beaucoup de sportives ont  marqué l’histoire du sport tunisien. D’autres continuent encore à le faire.

Quand on pense aux origines du sport qui tenaient les femmes à distance, on comprend pourquoi il existe aujourd’hui de si grandes différences entre le sport féminin et le sport masculin, tant dans la pratique que dans la professionnalisation, la médiatisation et l’économie.

Néanmoins, l’étau se resserre entre hommes et femmes sur le terrain du sport. Ces Dames, trop longtemps ignorées, constituent aujourd’hui un potentiel à bien des égards pour les acteurs de l’économie et de la filière sport. Alors, le sport féminin est-il aujourd’hui un secteur porteur en Tunisie ? Quelle que soit la réponse, on est dans l’obligation de le développer ?

Les enjeux pour le sport féminin seraient ainsi de renouveler l’image du sportif par la sportive, d’enrichir les fonctions du sport et de s’ouvrir à un public différent…

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