La classe politique ne cesse de miser sur une conjonction immédiate de facteurs peu favorables. Mais elle est toujours capable de se permettre un temps de répit et éviter les polémiques inutiles qui ne mènent à rien.

En même temps, les acteurs politiques, du moins ceux qui ont pris l’habitude de déroger à la règle, sont aussi menacés par le réveil de vieux démons qui font qu’ils ne sont pas près d’en finir avec les altercations et les incohérences. Remettant ainsi en question tout ce qui a été accompli de positif.

Il y a cependant ceux qui observent une règle de conduite dictée par des principes qui leur imposent la sauvegarde du droit commun, à l’instar notamment de ces organisations professionnelles et nationales qui ont réitéré la nécessité de garantir au pays une stabilité politique et gouvernementale et le besoin de se concentrer sur les vrais problèmes des Tunisiens, tout particulièrement la lutte contre la marginalisation, la pauvreté, le chômage, l’insécurité. Les présidents de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat(Utica), Samir Majoul, de l’Union générale tunisienne du travail (Ugtt), Noureddine Taboubi, et de l’Union nationale de la femme tunisienne (Unft), Radhia Jerbi, font part de leur inquiétude quant à la propagation du crime et de la violence ces derniers temps.

Ils appellent à l’impératif  d’intensifier tous les efforts pour lutter contre ces phénomènes dangereux. Agressions dans les rues, viols, braquages… Des scènes qui deviennent malheureusement de plus en plus courantes en Tunisie. Passant de secret à public, les réseaux sociaux deviennent même un champ de théâtre pour ceux qui veulent exhiber leurs frustrations. Mauvaises conditions économiques, pauvreté généralisée, surtout dans les zones rurales, déséquilibre du système familial, relations et liens sociaux relâchés, manque d’opportunité d’emploi, les travers sont nombreux et bien connus, mais l’inertie de la justice face à ces phénomènes en rajoute. La violence prend de l’ampleur dans notre société.

La vie avec les autres est devenue source de conflits en raison d’intérêts divergents, de besoins et de valeurs qui ne sont pas toujours les mêmes pour tous. Les principes de base se perdent. Cela provoque des scènes surréalistes qui en disent long sur l’effroyable malaise qui touche aujourd’hui notre société et traduit le climat grandissant de violence, de haine et d’exaspération qui s’est emparé depuis quelques années de la société tunisienne. Montée de la violence, de la délinquance et de la criminalité, sentiment d’insécurité, on cumule les ennuis. Il ne s’agit nullement d’un concours de circonstances. Le sens moral est devenu une soustraction dans le mode d’emploi de ceux qui n’ont point de limites. Ce qui est surtout inquiétant, c’est que la société est en train de perdre ses plus importants leviers: la sécurité et le respect de l’autre.

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