Les zones humides risquent un jour de disparaître si des mesures efficaces ne sont pas prises pour les protéger contre l’érosion et l’immersion

Doté du label Ramsar, le village de Ghar El Melh a été choisi pour célébrer la Journée mondiale des zones humides placée cette année sous le thème de la biodiversité. Il y a lieu de souligner que c’est en Iran, en 1971, qu’a été signée la convention de Ramsar. Depuis, les Etats membres signataires se sont engagés à reconnaître l’importance capitale des zones humides pour plusieurs espèces pour lesquelles elles assurent la fonction d’habitat. Ils sont également appelés à s’inscrire dans un processus d’utilisation rationnelle et durable des ressources, et ce, dans le but de relever les défis posés par le développement durable. Cette convention sert notamment de cadre de référence pour la protection et la préservation des zones humides prioritaires « reconnues comme des écosystèmes vitaux pour la conservation de la biodiversité et pour le développement durable ». Depuis, la signature de la convention, 2.220 sites dont la superficie d’ensemble couvre 214 millions d’hectares, ont été inscrits sur la liste des zones humides qui doivent bénéficier d’une protection spéciale.

C’est le thème sur lequel se sont exprimés les représentants des structures officielles qui ont pris part à la célébration de la Journée mondiale des zones humides à Ghar El Melh. Ils étaient tous présents : les directeurs généraux des Forêts et  de l’environnement et de la Qualité de Vie, le commissaire régional au développement agricole de Bizerte  le maire de Ghar El Melh ainsi que les activistes de la société civile. Le Fonds mondial pour la nature (Afrique du Nord) a également pris part à l’événement. Ces participants ont reconnu que l’activité humaine représente une réelle menace pour les 211 zones humides que compte la Tunisie et qui jouent un rôle essentiel dans la lutte des changements climatiques en stockant le carbone terrestre et en contribuant à l’élimination des polluants toxiques. Elles représentent une chaîne importante au sein de l’écosystème dès lors qu’elles accueillent 40% des espèces animales. Ghar El Melh est une des zones humides les plus menacées par la pollution du fait du déversement des eaux usées non traitées dans la lagune, a relevé le maire de la localité. C’est une véritable catastrophe environnementale qui se déroule à ciel ouvert.

De plus en plus exposé à l’érosion, le sable de la lagune est en train de disparaître progressivement à cause de l’immersion de l’eau qui est en train d’envahir les terres agricoles. Le directeur général des forêts a, de son côté, mis l’accent sur l’importance d’une base de données qui regroupe et centralise toutes les informations sur les zones humides tunisiennes afin de conférer de l’efficience aux stratégies de protection et de préservation de ces sites naturels. 95% des zones humides risqueraient de disparaître à moyen et à long terme à cause de l’érosion et de l’immersion de l’eau d’où l’urgence de réfléchir à des solutions pour les protéger, selon le commissaire régional au développement agricole de Bizerte. D’autant plus que lorsqu’elles sont valorisées et que leurs ressources sont exploitées de façon rationnelle dans un souci de développement durable, elles contribuent indirectement dans la création de postes d’emploi dans le secteur du tourisme vert. De leur côté, les représentants du Fonds mondial pour la Nature (Afrique du Nord) ont tenu à rappeler les objectifs qui ont été concrétisés dans le cadre des stratégies de conservation des zones humides et dont les principaux axes s’articulent autour de la conservation, de la bonne gouvernance et de l’utilisation rationnelle des ressources naturelles. Il y a lieu de noter qu’outre le lancement du projet des emplois verts et l’ouverture d’un master sur la conservation des zones humides, le processus d’élaboration d’une stratégie nationale sur la préservation des zones humides a été engagé.

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