Le ministre du Commerce, Omar El Behi, a réitéré la demande de la Tunisie d’entamer les négociations avec la partie russe, en vue de conclure un accord préférentiel ou de libre-échange, notamment dans le cadre de l’union Eurasique
£La commission intergouvernementale tuniso-russe sur la coopération commerciale, économique, scientifique et technique a tenu au siège du ministère du Commerce sa 7e réunion en présence de ses coprésidents, à savoir le vice-président du gouvernement de la Fédération de Russie, M. Vitaly Mutko, et le ministre du Commerce, M. Omar El Behi.
Durant la réunion, les deux parties tunisienne et russe ont débattu, en alternance, des possibilités d’étendre les domaines de coopération entre les deux pays. Du côté tunisien, il était question de mettre, principalement, l’accent sur les atouts du site Tunisie en tant que pays d’investissement et carrefour du commerce dans la région, notamment grâce à son choix d’ouverture et d’intégration économique à l’échelle régionale et mondiale. Du côté russe, les membres de la délégation ont appelé à étendre les accords de conventions bilatérales, en l’occurrence économique, pour inclure d’autres domaines, notamment l’énergie et le transport ferroviaire.

Investir dans les atouts de la Tunisie
Dans son allocution d’ouverture M. El Behi a appelé à l’instauration d’un cadre juridique régissant les échanges commerciaux entre la Tunisie et la Russie. Il a réitéré, à cet effet, la demande de la Tunisie d’entamer dans les plus brefs délais les négociations avec la partie russe, en vue de conclure un accord préférentiel ou de libre-échange, en l’occurrence dans le cadre de l’union Eurasique. En attendant, il a exhorté les autorités russes à améliorer l’accès des produits tunisiens au marché russe en optant pour la révision du système SGP russe en faveur des marchandises tunisiennes éligibles.
Soulignant les fortes relations de coopération entre les deux pays qui datent de l’Indépendance, Omar El Behi a indiqué que « la Russie est plus qu’un partenaire ordinaire, elle est surtout un allié sûr sur lequel la Tunisie peut compter ». Il a noté que la Tunisie aspire à promouvoir davantage le partenariat et l’investissement entre les deux parties, et ce, en misant sur l’accroissement du rythme des échanges commerciaux ainsi que sur leur diversification. À cet égard, il a précisé que le volume des échanges entre les deux pays n’a pas dépassé les 500 millions de dollars en 2018 avec un taux de couverture qui frôle les 4%. Ce qui dénote d’une part le faible rythme avec lequel il évolue, notamment en comparaison des pays concurrents et, d’autre part le potentiel de développement dont il dispose. Idem pour l’investissement, qui demeure assez modeste, soutient-il. Ainsi, le ministre du Commerce a appelé tous les acteurs, en l’occurrence les hommes d’affaires, les entreprises et les institutions, à adopter une nouvelle approche en vue de dynamiser les relations d’affaires et de partenariat entre les deux pays, et ce, en exploitant les atouts du site tunisien, à savoir sa proximité géographique des marchés européen et africain et la qualité de ses produits agricoles et industriels.

L’énergie et l’industrie automobile : point d’un nouveau départ de l’investissement russe en Tunisie
De son côté, le vice-président du gouvernement russe M. Vitaly Mutko a déclaré que les relations tuniso-russes sont plus développées sur le plan politique que sur le plan économique. Il a fait savoir que les deux parties ont désormais négocié les mesures envisageables permettant de développer et accroître les échanges commerciaux entre les deux pays. « Nous avons tous les atouts pour développer nos relations économiques tant la volonté politique est là », souligne-t-il. Par ailleurs, le vice-président du gouvernement russe a affirmé que la demande touristique du pays envers la Tunisie est en continuelle progression avec un taux de croissance stable de 60% durant ces dernières années. En outre, il a fait savoir que dans le cadre de la coopération dans le secteur de la santé, plus de 140 médecins russes travaillent actuellement en Tunisie. Intervenant sur le partenariat dans le secteur privé, M. Mutko a mentionné le groupe automobile russe Kamaz qui souhaite s’installer en Tunisie, tout en appelant à une levée totale des barrières tarifaires au profit de cette entreprise.
Il a fait savoir que le domaine de l’énergie, notamment la production pétrolière et du gaz naturel, outre l’exploitation des gisements de phosphate, constitue un terreau et une locomotive pour booster l’investissement russe en Tunisie.
Par ailleurs, le vice-président du gouvernement de la Fédération russe a salué l’initiative de coopération dans le domaine spatial, en l’occurrence le projet du satellite tunisien qui sera lancé en collaboration avec l’agence spatiale russe Roskosmos. Il n’a pas omis d’évoquer le domaine de la production agricole, où il est question de définir les opportunités d’investissement dans un cadre de partenariat gagnant-gagnant. Par ailleurs, il a exhorté les hommes d’affaires tunisiens à participer au forum économique international Saint-Pétersbourg qui sera une occasion de rencontre avec le milieu des affaires russe.

Etendre la coopération en matière de transport
Dans son intervention, le représentant de l’Agence de promotion de l’investissement extérieur Fipa, Zied Lahbib, a fait savoir que la Tunisie compte actuellement 9 opérateurs russes dotés de 6 millions d’euros d’investissement. Tout en soulignant leur compétitivité, le représentant de la Fipa a noté que le pays dispose d’un potentiel d’investissement important dans l’industrie manufacturière, notamment automobile, électronique et agroalimentaire. Il a déclaré, à cet effet, que deux entreprises russes opérant respectivement dans le secteur pharmaceutique et de l’éclairage souhaitent désormais s’installer en Tunisie. S’y ajoute le groupe automobile Kamaz.
Des représentants des ministères du Transport respectifs des deux pays étaient également présents. Ils ont fait l’état des lieux de la coopération dans les domaines du transport aérien et maritime. Le représentant russe a appelé à instaurer un cadre juridique régissant la coopération dans le transport ferroviaire. Des projets de jumelage de ports, de reconnaissance des permis de conduire et de brevets de navigation maritime ont été définis.
Il est à noter que le conseil d’affaires tuniso-russe aurait tenu une rencontre au siège de l’Utica, ce jour même. Des délégations d’hommes d’affaires des deux parties auraient fait des rencontres B2B en vue de définir, mutuellement, les opportunités d’investissement.

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