Le Conseil des universités s’est réuni le 2 mai pour examiner la délicate question qui secoue notre université. À cet effet, des dispositions concrètes ont été adoptées dont la plus importante serait la levée du gel des salaires des enseignants impliqués dans le blocage des examens

Il ne reste plus que quelques semaines avant l’achèvement de l’année universitaire et la situation de blocage créée par le syndicat Ijaba n’a pas trouvé d’issue. Ceci en dépit de plusieurs tentatives de médiation entreprises par des universitaires, des députés de la Commission de la jeunesse, des affaires culturelles, de l’éducation et de la recherche scientifique ainsi que par des activistes de la société civile.

Actuellement, c’est le statu quo. Ijaba persiste et signe, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a appliqué sa mesure de gel des salaires dès le mois de mars dernier. Chaque partie cherche à se montrer dans une position de légitimité et de respect du droit. Ijaba considère que ses revendications sont légitimes et que l’accord du 7 juin 2018 doit être appliqué. Les appels à la reprise du dialogue n’ont pas été entendus puisque, entre-temps, le ministère de l’Enseignement supérieur avait décidé de geler les salaires de tous les enseignants qui continuent d’observer le boycott administratif et des examens. Un recours a, alors, été déposé par ce syndicat pour faire annuler la mesure du gel des salaires. Cette démarche a été rejetée considérant que le MES était dans son droit d’adopter une telle mesure. 

Ceci n’a pas dissuadé, outre mesure, Ijaba qui entend poursuivre ses mouvements de contestation en choisissant même la voie de l’escalade. C’est, justement, ce qu’elle prévoit de faire aujourd’hui, samedi, à travers «une marche nationale» au départ du MES (où se tient un sit-in depuis le 25 mars) en direction de l’avenue Habib Bourguiba. On n’exclut pas, non plus, d’autres mesures plus sévères si aucune solution n’est apportée.

C’est, donc, dans ce contexte très tendu que le conseil des universités s’est réuni le 2 mai pour examiner la délicate question qui secoue notre université. A cet effet, des dispositions concrètes ont été adoptées dont la plus importante serait la levée du gel des salaires des enseignants impliqués dans le blocage des examens.

Toutefois, cela est lié à la remise des notes, au dépôt des sujets des examens et à l’évaluation des étudiants. Ces enseignants sont appelés à accomplir toutes les tâches qui leur incombent et à honorer les engagements qui les lient à l’établissement universitaire où ils exercent. 

C’est pourquoi le conseil des universités déclare que la session restera ouverte pour suivre l’évolution de la situation jusqu’à ce que l’on parvienne à trouver une issue favorable susceptible de permettre de réaliser les examens de fin d’année dans les meilleures conditions. Aussi, une date a-t-elle été fixée pour la remise des sujets des examens par tous les enseignants. Le dernier délai est le 11 mai. 

Le 13 mai, par contre, a été retenu comme date de la Conférence des doyens et des directeurs en vue d’étudier la situation et œuvrer à faire réussir l’année universitaire. Tout en demandant à toutes les parties d’être à la hauteur et de prendre en compte la période délicate par laquelle passe notre université, le Conseil des universités rappelle, fermement, qu’il se réserve le droit de prendre toutes les mesures légales dont il dispose pour assurer le parachèvement de la saison universitaire et permettre à tous les étudiants de passer leurs examens dans les conditions requises. 

Cette volonté officielle de trouver une solution à ce blocage n’a pas rencontré l’écho favorable auprès de l’Union des enseignants universitaires chercheurs de Tunisie (Ijaba). Dans une réaction très vive, ce syndicat a rejeté en bloc l’appel du Conseil des universités. Selon le communiqué publié hier, Ijaba se montre inflexible et ne se laisse influencer par aucune instance. D’ailleurs, elle considère que ce Conseil est tout simplement consultatif et n’a aucun pouvoir sur les enseignants chercheurs. Elle l’accuse de se dissimuler derrière le ministre pour faire passer ses mesures injustes et appliquer ses agendas. De plus, le communiqué affirme que le ministre cherche à transformer le conflit en un combat pour le rétablissement des salaires gelés et, du coup, fait passer la question de l’application de l’accord du 7 juin sous silence. 

La position de Ijaba reste, par conséquent, la même. Elle appelle tous les enseignants à soutenir son action et ne semble pas fléchir. Le maintien de sa «marche nationale», aujourd’hui, en est l’illustration.

En somme, tout ce que les autorités de tutelle viennent de proposer au cours de la dernière réunion du Conseil des universités restera lettre morte de par la volonté de ce syndicat qui se montre, jusqu’à preuve du contraire, intraitable.

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