Il est dur de résister quand le courant nous emporte vers un destin auquel on ne pensait pas tellement, mais que, quelque part, on s’y attendait quand même pour des raisons de compétence,  d’adaptation, de personnalité et de caractère, de discipline et d’application. De santé aussi !… Le  football, au Club Africain, est une activité où les choses vont très vite dans les deux sens. De la gloire à la déchéance, ça  ne tient qu’à un fil. Le pire, c’est qu’on n’arrive pas revenir en arrière une fois la chute amorcée.

Ce phénomène de décomposition s’est emparé du CA. Il prive les joueurs de la quiétude et de la sérénité nécessaires. Mais l’égarement a aussi son origine dans le déficit d’autorité. L’incapacité des responsables à faire respecter les règles est liée à l’impuissance d’incarner une autorité associée à un ordre bien établi. Oui pour le travail dans la joie et dans la bonne ambiance. Non, cependant, pour la persistance de l’impunité. Les défaillances clubistes ne trouvent plus uniquement leur raison d’être sur le terrain, mais c’est dans les coulisses qu’elles se revendiquent également. L’entourage s’en donne à cœur joie et sans scrupule. Il renvoie ainsi à un rejet de la règle. Un  rejet qui s’est ancré dans une défiance envers tout ce qui aurait dû s’accomplir. Exister dans un club qui se respecte.

Pareille singularité n’est-elle pas au fond la conséquence de l’accumulation des défaillances et des insuffisances qui n’ont pas été comblées à temps ? Des choix inappropriés ? Le Club Africain  n’est-il pas devenu dans sa nouvelle version une source de désarroi?

Il faut dire que par des fautes répétées et par le choix de justifier les fautes, on n’est pas parvenu à constituer même une demi-vérité. Aucune stratégie, aucune projection. Le premier courage aurait été cependant de reconnaître toutes les erreurs et de ne pas continuer à se cacher derrière les faux arguments. La frustration est si grande qu’elle risque d’effacer les bons souvenirs. Les quelques éclaircies que l’équipe clubiste a pu manifester depuis 2011 n’ont plus rien aujourd’hui de ce qui peut tenir des joueurs, une équipe ensemble. De ce qu’ils doivent défendre. De ce qu’ils sont censés laisser entrevoir et confirmer. Il y a ceux, et ils ne sont plus malheureusement nombreux, qui le défendent encore. Les éternels romantiques. Les rêveurs effrayés par le nouveau contexte. Ils rabâchent à qui veut bien les entendre quelques prouesses accomplies. Le souvenir impérissable.

Et puis il y a les autres. Ceux qui voient l’avenir du club sans les responsables en place aujourd’hui, qui ne rêvent que de leur départ.

Mais au-delà des attitudes le plus souvent curieuses et pour le moins dénuées du sens de la responsabilité, c’est l’incapacité de réhabilitation qui pousse la plupart vers la porte de la sortie. Les actes d’absolution et les mauvais choix impliquent des causes, des enjeux et des degrés de gravité variés. On en est de plus en plus certain: la médiocrité au sein du club de Bab Jedid  s’éternise et se conserve. Elle prend au fil de temps une dimension inquiétante. Les défaillances se multiplient et les solutions deviennent de plus en plus difficiles à trouver. Voire impossibles dans un contexte défavorable et dans un temps marqué par la renonciation et le déni des valeurs.

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