Au vu de certains indicateurs épidémiologiques, la Commission permanente du suivi du Covid-19 au sein du ministère de la Santé commence à alerter contre une deuxième vague de contamination par le coronavirus en cas d’échec des dispositions sanitaires. Les risques sont  très élevés à l’échelle internationale. Les premiers signes d’aggravation de l’épidémie Covid-19 commencent à apparaitre en Allemagne, alors que ce pays vient tout juste de débuter le déconfinement. De la Chine à Singapour, la deuxième vague tant redoutée du coronavirus est en train d’arriver en Asie. Sur ce continent, où a commencé la pandémie, qui se pensait tiré d’affaire, certaines agglomérations ont à nouveau dû être mises sous cloche, afin de ralentir les nouvelles contaminations.


Alors qu’elle s’apprête à entamer une phase de déconfinement ciblé et progressif, mais à haut risque, la Tunisie est toujours sous la menace de la fragilité de la situation épidémiologique. Des médecins commencent même à évoquer une seconde vague de contamination par le coronavirus si le plan de déconfinement échoue
Même si pour l’instant on compte moins de mille cas et 39 morts depuis le début de la pandémie et que la Tunisie semble jusque-là contrôler la courbe épidémiologique, la situation reste toujours marquée par une précarité dans la mesure où tout relâchement pourrait nous conduire au pire scénario. Un pire scénario auquel se prépare déjà le ministère de la Santé même si, actuellement, il l’écarte. «Nous prévoyons un scénario modéré et nous nous préparons au pire», avait dans ce sens noté Abdelatif Mekki, ministre de la Santé.
Entrer dans cette stratégie de déconfinement ciblé et graduel, la situation économique oblige, s’annonce à haut risque d’autant plus que la Tunisie peine toujours à assurer les équipements médicaux nécessaires pour la protection des travailleurs, dont notamment les masques de protection et les kits de dépistage rapide. Mais le constat n’est pas propre à la Tunisie, il s’agit d’une conjoncture internationale dont les retombées sont presque les mêmes dans tous les pays touchés.

D’ailleurs, au vu de certains indicateurs épidémiologiques, la Commission permanente du suivi du Covid-19 au sein du ministère de la Santé commence à alerter contre une deuxième vague de contamination par le coronavirus en cas d’échec des dispositions sanitaires. C’est dans ce sens que Dr. Jalila Ben Khlil, membre de ladite commission, a exprimé, hier, ses craintes de voir une seconde vague encore plus violente frapper notre pays. «Même si la Tunisie a fait des avancées au niveau de la maitrise de la pandémie, les risques d’une seconde vague sont toujours de mise», a-t-elle affirmé, dans une déclaration à l’agence TAP. Selon ses affirmations, tout relâchement pourrait conduire à ce scénario redouté, surtout que la Tunisie se prépare à entamer une phase de déconfinement dès le 4 mai.

Dr. Dhaker Lahidheb, médecin à l’hôpital militaire, explique à cet effet que cette deuxième vague pourrait coïncider avec la rentrée scolaire, soit en septembre prochain, ce qui pourrait compliquer la donne. «Ce qui nous a permis d’affaiblir la première vague ce sont les mesures de confinement prises rapidement et efficacement, mais avec la rentrée scolaire au mois de septembre prochain, nous craignons sérieusement une deuxième vague, tant qu’il n’y a pas encore de vaccin», a-t-il noté.
Car, en effet, les risques d’une deuxième vague restent très élevés à l’échelle internationale. Les premiers signes d’aggravation de l’épidémie Covid-19 commencent à apparaitre en Allemagne, par exemple, alors qu’elle vient tout juste de débuter le déconfinement. Le taux d’infection ou taux de reproduction, très surveillé par les autorités, a été revu, de nouveau, à la hausse selon des chiffres publiés par les autorités allemandes. De la Chine à Singapour, la deuxième vague tant redoutée du coronavirus est en train d’arriver en Asie. Sur ce continent, où a commencé la pandémie, qui se pensait tiré d’affaire, certaines agglomérations ont, à nouveau dû être mises sous cloche, afin de ralentir les nouvelles contaminations.

L’OMS s’inquiète
L’Organisation mondiale de la santé s’inquiète toujours de la situation épidémiologique dans le monde entier et notamment en Afrique où elle accuse un manque des équipements médicaux, surtout ceux pratiqués dans le dépistage massif. «Nous avons un long chemin à parcourir et beaucoup de travail à accomplir», a averti, dans ce sens, l’Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus, premier responsable de l’instance onusienne. L’OMS reste surtout préoccupée par les tendances haussières enregistrées dans certains pays et notamment en Afrique, en Europe de l’Est, en Amérique latine et dans certains pays d’Asie. Dans le cadre des efforts de lutte contre le virus sur le continent noir, l’OMS annonce avoir livré, la semaine dernière, des fournitures médicales à plus de 40 pays en Afrique.
En tout cas, en Tunisie, la dernière réunion de l’Instance nationale de lutte contre le Covid-19 a souligné le fait que des gouvernorats représentent toujours une menace épidémique au vu du taux de contamination assez élevé. «Certains gouvernorats représentent toujours une menace épidémique qui doit être traitée avec les plus hauts niveaux de prudence, de vigilance et d’anticipation dans l’adaptation des procédure», souligne dans ce sens le chef du gouvernement.
Dès le début de la pandémie, la Tunisie a procédé à une stratégie de tests ciblés portant notamment sur les personnes soupçonnées d’être porteuses du virus et sur leur entourage. Mais durant les derniers jours, on remarque une baisse notable du nombre de prélèvements effectués quotidiennement pour suivre la situation épidémiologique. Ainsi on est passé de 1189 analyses effectuées le 19 avril à seulement 263 analyses, le 26 du même mois. Pour le ministère de la Santé, il ne faut pas se soucier de ces données et de cette baisse car elles résultent notamment de la régression des cas suspects. Jusque-là, la Tunisie a effectué 21.081 tests depuis le 2 mars dernier, pour découvrir 967 cas confirmés.

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