Le chef du gouvernement, Elyes Fakhfakh, a accordé dernièrement une interview à la chaîne française d’information France 24 pour revenir notamment sur la lutte contre la pandémie du coronavirus, mais aussi sur la situation économique frappée de plein fouet par cette crise sanitaire. Pour lui, la Tunisie est parvenue à contrôler, en majorité, la propagation du virus sur son sol, mais ne peut pas annoncer une victoire prématurée d’autant plus que les risques épidémiologiques persistent toujours et un retour au confinement total n’est pas à écarter.

«La Tunisie est parvenue à contrôler la pandémie sur son sol, mais il est encore tôt de crier victoire», a annoncé mardi, le chef du gouvernement, Elyes Fakhfakh, ajoutant que «la pandémie du coronavirus a été maîtrisée grâce aux efforts déployés par les structures hospitalières et sanitaires mais aussi grâce au sens de civisme dont les citoyens ont fait preuve, notamment en matière de respect des mesures du confinement et du couvre-feu. Cet effort nécessite d’être maintenu dans un esprit d’unité nationale et de solidarité mais aussi d’ingéniosité face à la pandémie. Nous restons vigilants et nous continuerons à adopter les modalités d’isolement obligatoire pour toutes les personnes qui rentrent depuis l’étranger», a-t-il martelé.

A cet effet, Fakhfakh s’est dit fier de tout ce qui a été, jusque-là, accompli, «en dépit des coûts financiers énormes» et nous promettons de continuer cette lutte jusqu’au bout, car, selon ses dires, «la santé des Tunisiennes et des Tunisiens reste la priorité».

En revanche, le chef du gouvernement s’est montré moins optimiste quant à la situation économique du pays, affirmant que les indicateurs économiques étaient d’ores et déjà négatifs, et seront encore pire à l’issue de la crise du coronavirus. «Deux grands chantiers attendent le gouvernement après la fin de cette crise, il s’agira en premier lieu d’éradiquer la pauvreté mais aussi de lutter contre la détérioration de la situation économique et l’obligation de transformer le plan de développement en Tunisie», a-t-il dit. Le chef du gouvernement a assuré, dans ce sens, que la Tunisie a pu gérer la crise du coronavirus avec ses propres moyens rappelant qu’ils ont pu «aider plus d’un million et deux cents mille familles à faibles revenus et plus de dix mille entreprises qui ont eu recours au chômage partiel».

Fakhfakh s’est engagé, d’autre part, à se présenter bientôt devant le Parlement pour exposer «la situation économique du pays ainsi qu’un plan de relance économique». «Notre volonté est d’instaurer un modèle économique inclusif qui soit plus juste, plus efficace et moins bureaucrate», a-t-il noté.

Interrogé sur les divergences et les fissures qui frappent la coalition gouvernementale, le chef du gouvernement a dit regretter certains dérapages, affirmant que jusqu’à présent la confiance au sein de cette alliance n’a pas été encore bâtie. Mais il s’est montré optimiste de voir cette alliance dépasser ces divergences et opter pour l’unité nationale. «Pour gagner la bataille Covid, nous travaillons en harmonie avec la Présidence de la République et avec le pouvoir législatif, qui dans le cadre des dispositions constitutionnelles a délégué ses pouvoirs au pouvoir exécutif ainsi que la société civile et les médias», a-t-il dit, se félicitant de sa «bonne relation» avec le président de la République, Kaïs Saïed, affirmant «qu’ils partagent tous les deux les points de vue, les valeurs et le même projet pour la Tunisie de demain d’autant plus qu’ils ne sont liés à aucun lobbie».

Pas de démocratie sans médias

En ce qui concerne les appels à faire tomber le gouvernement, Fakhfakh a assuré qu’il s’agit de petites affaires alors qu’il se penche sur celles plus grandes comme la lutte contre le coronavirus et la situation économique. «Ceux qui pensent qu’ils peuvent influencer les Tunisiens en faisant usage des réseaux sociaux n’ont qu’à voir les résultats des dernières élections», a-t-il ajouté.

Evoquant le nombre jugé important de ses conseillers, Fakhfakh a expliqué que «ce gouvernement comporte le moins de conseillers comparé à tous les gouvernements d’avant ou d’après la Révolution et même par rapport à ce qui se passe dans le monde». Il a rappelé dans ce sens que dès la formation gouvernement, il a acté la nomination «de 12 conseillers dont 7 sur des questions techniques et 5 représentants de la coalition gouvernementale pour faciliter le travail du gouvernement et fluidifier sa relation avec le Parlement et donner ainsi plus d’efficacité dans les réformes et les propositions législatives».

Interrogé à propos des décisions d’accompagnement aux médias, le chef du gouvernement a assuré «qu’il était question de mesures à même de sauver les entreprises médiatiques et notamment la situation des journalistes qui ont largement contribué à la guerre contre le coronavirus». «Nous promettons de soutenir les médias, car nous pensons fortement que la démocratie n’existe pas sans médias puissants, et nous allons continuer d’appuyer davantage ces entreprises et notamment les médias régionaux», s’est-il engagé.

Il a d’autre part assuré qu’après la fin de la crise du coronavirus, sa première visite officielle à l’étranger sera effectuée en Algérie pour «consolider davantage les relations historiques entre les deux pays et penser l’après-coronavirus».

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Un commentaire

  1. Liberte

    14/05/2020 à 11:01

    Une radio de France plutôt qu’une radio tunisienne ? C’est la question que tout le monde se pose.

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