Outre l’objectif protocolaire de la consolidation des relations bilatérales entre les deux pays, la dernière visite du ministre marocain des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger et envoyé spécial du roi Mohammed VI du Maroc en Tunisie intervient dans le cadre d’un nouvel élan diplomatique entre la Tunisie et le Maroc.

Au lendemain du déconfinement dans son pays, Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger et envoyé spécial du roi Mohammed VI du Maroc, avait été reçu par le président de la République Kais Saïed. A première vue, il ne s’agit que d’une simple visite dans le cadre de la consolidation des relations bilatérales entre les deux pays, mais de plus près, cette visite marque un nouveau rebondissement diplomatique entre la Tunisie et le Maroc.

«L’envoyé spécial a transmis les salutations du roi Mohammed VI au chef de l’Etat, précisant que le souverain marocain a choisi que la Tunisie soit la première destination du ministre des Affaires étrangères du Maroc depuis mars dernier», indique un communiqué de la présidence de la République ajoutant que « le message verbal du Roi marocain transmis au chef de l’Etat porte notamment sur les relations bilatérales et les moyens de les promouvoir ainsi que sur la situation régionale et internationale».

En fait, cette visite revêt une importance particulière puisqu’elle marque un nouvel élan diplomatique entre les deux pays après plusieurs années, où une certaine distanciation était observée entre la Tunisie et le Maroc, pendant le règne de l’ancien président de la République feu Béji Caïd Essebsi. Le défi étant donc de relancer ces relations dans un contexte régional marqué par la mouvance, l’instabilité et notamment le conflit libyen. D’ailleurs, nous apprenons que cette dernière visite a porté notamment sur ce dossier, et un parfait rapprochement des positions à cet effet a été observé. La question libyenne constituant une préoccupation pour les deux pays, un rapprochement des positions ne fait que contribuer aux efforts pour la paix dans ce pays livré à la guerre depuis 2011, d’autant plus que la Tunisie, l’Algérie et le Maroc sont les principaux pays concernés par cette crise.

Le Maroc, troisième partenaire économique

Force est de constater que la visite en question intervient également dans la continuité de la consolidation et le développement des relations bilatérales entre la Tunisie et le Royaume chérifien depuis que le président de la République a pris les commandes de la politique étrangère de la Tunisie. D’ailleurs, depuis son investiture, le chef de l’Etat a eu trois entretiens téléphoniques avec le Roi du Maroc, qui vont tous dans le sens de la nécessité de consolider et de promouvoir ces relations. Il est utile de rappeler dans ce même sillage, qu’une importante délégation marocaine avait assisté au discours d’investiture de Kaïs Saïed à l’Assemblée des représentants du peuple (Arp) en octobre dernier. Ces développements diplomatiques qui marqueront certainement une intégration économique maghrébine devraient également être consolidés davantage par des visites mutuelles de personnalités des deux pays.

Si ces relations bilatérales revêtent une importance extrême pour les deux pays et notamment pour la Tunisie, c’est parce que le Maroc est notre troisième partenaire économique au niveau maghrébin et arabe, avec un volume d’échanges commerciaux qui a atteint, en 2017, environ 830 millions de dinars.

Ces relations diplomatiques doivent contribuer à augmenter le volume des échanges commerciaux bilatéraux qui n’ont pas jusqu’à nos jours atteint le rythme souhaité, au moment où les deux pays ont un besoin impérieux de renforcer leurs exportations et de promouvoir l’emploi des jeunes, notamment en cette période de crise sanitaire qui a frappé les deux pays.

La dernière visite du Roi du Maroc Mohammed VI remonte à 2014, lorsqu’il a effectué une visite de trois jours en Tunisie, au cours de laquelle il est arrivé en grande pompe avec une dizaine de ministres et 90 hommes d’affaires et avait salué en termes mesurés la « nouvelle Tunisie » et l’adoption de sa « Constitution avancée ». Il aura donc fallu attendre plus de trois ans après la révolution pour que le souverain chérifien rende la politesse à son hôte, l’ancien président tunisien Moncef Marzouki, qui s’était rendu au Maroc dès février 2012, trois mois après son arrivée au palais de Carthage.

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Un commentaire

  1. Zenobie

    14/06/2020 à 10:49

    En 2014, la visite officielle de M6 en Tunisie a bien duré 3 jours puis a été prolongée par un séjour du roi, à titre personnel, d’une semaine. C’était une façon intelligente de répondre à une fake news qui avait inventé de toutes pièces un faux incident diplomatique entre M6 et MMM. Même si M6 a mis 3 ans avant de venir en visite officielle en Tunisie, les relations entre les 2 pays étaient excellentes (MMM s’y est rendu en 2012 et avait été reçu avec faste).

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