Les habitants reprochent aux municipalités de ne pas avoir de stratégie claire et précise à moyen et à long terme

Le meilleur des étalonnages se situe au niveau des messages qu’envoient les auditeurs des différentes radios sur les répondeurs. Tout le monde se plaint. Personne n’accorde de l’attention à ces travaux dits de « prestige ». La majorité écrasante ne voit, ne constate, ne regrette que les lacunes qui leur rendent la vie impossible.

C’est  qu’à tort ou à raison, à chaque fois que l’horizon se bouche et que le citoyen se retrouve dans des situations imprévues, il se tourne vers la municipalité de son village ou ville. Il lui reproche bien évidemment bien des choses, oubliant parfois qu’il n’y a pas que du mauvais dans tout ce qu’elles font.

Ce qui accentue cette sensation d’insatisfaction, c’est bien le fait de constater que les interventions de ces municipalités donnent l’impression d’être quelque peu désordonnées. En effet, alors que, par exemple, un immense chantier est ouvert pour aménager une place au centre-ville, les plaques recouvrant les conduites gisent sur le côté, au niveau des rues perpendiculaires, emportées  par la violence des eaux. Ou qu’un chantier ouvert  le demeure durant des mois sinon plus au grand dam de tous ceux qui empruntent  une bretelle périphérique importante. Des exemples, il est possible d’en citer à satiété, mais ce qui nous intéresse, c’est bien ce sentiment que la majorité nourrit vis-à-vis de ces organismes : ils ne bougent pas assez et ne réagissent que sporadiquement pour manifester leur présence.

La chance de notre pays c’est qu’il est tout petit, tout mignon, et que pour le traverser d’un bout à l’autre, on ne met que quelques heures. Que dire de ces communes et municipalités qui se chevauchent et qui sont capables, si elles unissaient leurs actions et activités, à faire des miracles.

Toujours la veille

Le problème réside en ces nombreuses actions qu’elles engagent, par coïncidence ou par absence de stratégie, de planification,  de réaction au moment où il le faut, la veille d’un événement, ou  d’une saison.

Prenons l’exemple du curage des bouches d’évacuation des eaux pluviales, des oueds et autres cours d’eau qui ont besoin  d’être soulagés pour remplir convenablement  leurs rôles. On commencera à le faire à la veille de l’avènement de la saison des pluies. Et parfois, sous une pluie battante !

Indépendamment de cet aspect, nous ne devons pas être les seuls à remarquer  que ces bouches d’évacuation sont le plus souvent bouchées par ce qu’on jette dedans et non pas par autre chose ? Nous avons souvent vu les balayeurs de service enlever papiers, bouteilles, pots de yaourt ou autres objets (jetés souvent par les fenêtres des voitures qui passent !), pour les mettre dans leurs petites poubelles roulantes et précipiter, mégots, poussière et autres gravats dans…la bouche d’égout. Multipliez les dégâts occasionnés par cette inconscience par les jours de balayage, et vous aurez idée des dégâts causés par  l’absence totale de conscience professionnelle et la nullité du contrôle de la part de ceux qui devraient veiller sur la qualité des services.

La lutte contre les moustiques ? Le faire à temps est une exception.

Les causes du mal

Sans conscience professionnelle, surveillance systématique et demande de comptes, il n’y aura jamais de progrès. C’est comme le problème des vendeurs à la sauvette qui occupent les rues entourant un marché. La police  municipale devrait remonter à la source. Elle découvrira (l’ignore-t-elle ?) que les petites brouettes ne surgissent pas du sol par l’effet d’un quelconque miracle, mais bien parce qu’aux alentours, il y a des galeries, des maisons qui servent de dépôts et où tout est emmagasiné dans l’attente d’une irruption généralisée. Ces engins disparaissent une fois que la police est annoncée par les guetteurs qui n’ont que cela à faire.  Ces lieux de stockage ( de produits licites et illicites) possèdent-ils des patentes ou des autorisations pour la  distribution ? Qui en est responsable ? Et l’on s’amuse à passer son temps à faire la chasse à des fantômes alors que l’on aurait dû remonter à la source.

L’élagage des arbres

A l’occasion de la fête de  l’Arbre, on lance des campagnes pour encourager les citoyens à planter des arbustes  à l’effet d’égayer leurs rues et cités. Très bien, mais une fois ces arbres hauts de trois quatre mètres, qui est capable de les élaguer la saison venue ?

Les municipalités sollicitées (elles devraient le faire automatiquement sans y être invitées) vous répondront que ce ne sont pas des arbres qui figurent au sein de « leur » décoration urbaine, et que ce ne sont  pas elles qui les ont plantés.  C’est donc  au citoyen de le faire !

Bien entendu à ses propres frais. Par les temps qui courent, personne ne consent ce sacrifice. Le même raisonnement  est valable pour les crevasses que la Steg ou la Sonede laissent à la suite de leurs travaux et qui empoisonnent la vie des citoyens pour une période plus ou moins longue. Personne ne demande des comptes.

Du côté de la Cité des Juges, on est venu pour poser des canalisations. Pour ce faire,  il fallait creuser le parcours au beau milieu d’une piste plus ou moins carrossable. Les canalisations posées, on laissa tout en l’état et la cinquantaine d’habitations ont hérité d’un chemin lunaire. Qui a assuré le suivi  pour éviter ce genre de désagréments  que le simple passage d’un motorgrader aurait résolu en quelques minutes?

C’est aussi ces campagnes ridicules de colmatage des trous des chaussées qui se font sans décapage sérieux ou par jours de pluie, et qui finissent par sauter au bout de quelque temps.

Il y a plus urgent

La mise en place ou l’édification d’un jardin ou d’un objet d’art est absolument nécessaire pour enrichir et enjoliver les villes et villages. Mais voir que l’on met des dizaines de millions pour construire  une figure géométrique au centre d’une grande place, alors qu’aux alentours, les trottoirs sont défoncés, que les rues menant  justement à cette place sont pleines de crevasses, que les passages pour piétons sont délabrés, cela tient de l’hérésie.

Cet argent, aurait pu servir à reluquer des vestiaires pour les jeunes avant la reprise des compétitions,  refaire une partie d’un espace de loisirs ou sportif, revoir et assurer la maintenance d’une salle de sport qui se transforme en écumoire en saison de pluie. Dans le siège d’une municipalité, nous avons relevé la démolition d’une partie de la clôture. Pour des raisons de sécurité  et parce que ce mur menace de s’écrouler, il faudrait le reconstruire le plus tôt possible. Si c’est pour agrandir ce siège, il faut engager les travaux au plus vite pour soulager justement la pression exercée par ceux qui y vont. Or, contrairement à cela,  on n’a rien fait depuis plus d’une année à part la pose de vilaines plaques de tôle pour boucher la brèche. Pourquoi  avoir commencé si le budget n’existait pas ?

Une chaîne solidaire

D’ailleurs et à propos de stades et de terrains de compétitions, les municipalités qui se côtoient devraient mettre en place des protocoles de solidarité et d’assistance mutuelle en vue d’alléger leurs frais de réparation et de maintenance. Pour assurer l’entretien d’un stade en tartan par exemple, il est nécessaire de posséder des engins spécialisés qui   coûtent très  cher.  En s’associant par deux ou trois, pour acquérir ce matériel, elles  pourront, grâce à un planning  soigneusement élaboré,  assurer le plein emploi à ces appareils, mieux les amortir et alléger leurs trésoreries. Elles seront  sûres de pouvoir faire convenablement le travail de rénovation ou de maintenance qui fait souvent défaut, faute de moyens. Le même raisonnement se pose pour la formation des secouristes, des maitres-nageurs,  des spécialistes en gazon, en taille des arbres, pour le nettoyage des plages ou de l’achat d’un matériel de secours qui coûte cher comme les hors-bords ou les embarcations motorisées, la mise en place et l’équipement des points fixes médicalisés d’urgence en saison estivale, etc. Sans pour autant généraliser, on peut  dire que  faute de programmation à l’avance (ce qui est curieux pour ce genre d’institutions et d’organismes), on donne l’impression, malheureusement,  en dépit de l’envergure que leur donne  leur nouveau statut, qu’on agit non pas  conformément à une démarche planifiée et réfléchie  mais bien par obligation,  dans l’urgence, tout en oubliant les priorités.

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