Illustration: Bol


Par Abdel Aziz HALI

Le fanatisme, la haine et la bêtise humaine n’ont pas de frontières. Un groupe lié au parti danois d’extrême droite «Stram Kurs» (« Ligne Dure ») a brûlé, vendredi dernier, un exemplaire du Coran, à Malmö, dans le sud de la Suède.

Cet acte de provocation ignoble et abject a provoqué le soir même l’ire et l’indignation de la communauté musulmane de la ville natale de Zlatan Ibrahimovic et surtout des heurts dans les rues de cette ancienne cité industrielle, troisième ville du royaume, forte de quelque 320.000 habitants, dont plus de 40% ont des racines étrangères.

Parallèlement, toujours dans les pays scandinaves, chez le voisin de l’Ouest, quelques manifestations ponctuées d’échauffourées ont également éclaté, samedi, à Oslo.

Du côté norvégien, la source du mal est une poignée de militants du groupe « Stop à l’islamisation de la Norvège » (SIAN). Ces derniers ont organisé une «fête de la profanation» devant le Parlement, au cours de laquelle une femme a déchiré des pages du Coran et a craché dessus.

Après tout, ce groupe islamophobe n’est pas à sa première tentative. Le samedi 16 novembre 2019,
 à Kristiansand, ces extrémistes ont tenté de brûler le Coran. La police est intervenue pour empêcher qu’un tel acte soit commis, tandis que le leader de cette meute s’est contenté de jeter le livre sacré des musulmans dans une poubelle.

Last but not least, toujours dans le territoire des Vikings, en décembre 2015, un Danois de 42 ans avait posté sur un groupe Facebook — intitulé
“Ja til frihed, nej til Islam” (“Oui à la liberté, non à l’islam”) — une vidéo filmée dans son jardin en train de brûler un exemplaire du Coran.

Il faut dire que ces actes de profanation s’inspirent largement des projets du pasteur intégriste américain Terry Jones.

Le 10 mars 2011, à Gainesville, en Floride, ce gourou d’une obscure congrégation protestante de Gainesville – le mal-nommé Dove World Outreach Center (le centre mondial de la colombe en français) avait mis le feu à un exemplaire du Coran. Trempé dans du kérosène, le livre sacré a été brûlé au centre de l’église de la ville, en présence d’une trentaine de fidèles.

Son plan haineux avait mis de facto en émoi le monde musulman et embarrassé la Maison-Blanche. Et la réponse ne s’est pas fait attendre: une vague de violence avait pris forme dans la foulée dans un Afghanistan en ébullition. En effet, le vendredi 1er avril 2011, sept employés étrangers de l’antenne locale des Nations unies avaient été tués par la foule à Mazar-e-Sharif dans le nord du pays. Le lendemain, neuf personnes ont, également, perdu la vie à Kandahar, dans le sud de l’Afghanistan. Ces émeutes auraient aussi fait 70 blessés.

Ces drames n’ont pas empêché l’homme aux cheveux gris de récidiver, en pratiquant de nouveau cet autodafé lors d’une cérémonie organisée en Floride, le samedi 28 avril 2012.

Il est à rappeler qu’avant de passer à l’acte, ce sulfureux pasteur américain s’est fait connaître, en 2010, en menaçant de brûler 200 exemplaires du Coran à l’occasion de la commémoration du 11 septembre.

Bref, de Terry Jones à Rasmus Paludan (le chef de file de « Ligne Dure »)
— un avocat et youtubeur danois, qui avait brûlé un Coran entouré de bacon (lard de porc fumé et salé-Ndlr) en 2019 —, l’islamophobie n’a pas de limites
 au risque de mettre à feu et à sang un monde meurtri et fragilisé par le racisme et le terrorisme.

A.A.H.


 

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