Lâche attaque terroriste à Sousse : Ils sont là pour nous protéger, protégeons-les à notre tour

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L’image affligeante du corps de l’adjudant de la Garde nationale gisant par terre suite à l’attaque terroriste survenue hier secouera-t-elle les esprits de nos décideurs quant à la nécessité urgentissime de protéger nos agents de sécurité face à la persistance de la menace du terrorisme et du crime organisé ? Le projet de loi sur la protection des forces de sécurité intérieure et de la douane n’est pas, semble-t-il, une question prioritaire à l’ARP.  

Un agent de la Garde nationale est tombé en martyr suite à une lâche attaque terroriste qui a eu lieu hier tôt le matin au niveau du carrefour routier Akouda-El Kantaoui à Sousse. Un acte terroriste qui coïncide avec la commémoration de la création de ce corps  le 6 septembre 1956 et survient quelques jours après la formation du nouveau gouvernement. Il a été aussi perpétré quelques heures après la réunion tenue samedi par le nouveau ministre de l’Intérieur, Taoufik Charfeddine, avec les hauts cadres sécuritaires, consacrée  à l’examen de la situation sécuritaire dans le pays.

Selon le ministère de l’Intérieur, trois personnes à bord d’un véhicule ont percuté avec leur voiture deux agents de la Garde nationale et les ont par la suite poignardés à plusieurs reprises. L’un des deux agents, l’adjudant Sami Mrabet, est tombé en martyr alors que son collègue, l’adjudant Rami Limam, a été transféré à l’hôpital universitaire Sahloul, à Sousse dans un état critique. Le ministre de l’Intérieur s’est déplacé sur les lieux de l’attaque où il a pris connaissance du déroulement de l’intervention des unités sécuritaires. Il s’est ensuite rendu à l’hôpital pour s’enquérir de l’état de santé de l’adjudant Rami Limam.

Réplique sécuritaire rapide et énergique

Dans sa déclaration à une radio privée, le porte-parole de la Garde nationale, Houssem Jebabli, a souligné que «la guerre contre le terrorisme continue, elle vient d’emporter un autre martyr de la Garde nationale».

La même source ajoute que l’attaque a eu lieu à 6h45 du matin. Les unités de la Garde et de la sécurité nationales ont très vite riposté et ont pu abattre les trois terroristes après un échange de tirs. La rapide riposte des forces sécuritaires, a permis la récupération de la voiture et des armes de la voiture de la patrouille, évitant ainsi le pire puisque les terroristes  auraient pu commettre d’autres attentats à l’aide du véhicule et des armes des agents de la Garde nationale.

Une nouvelle lâche attaque terroriste et un autre agent de sécurité tombé en martyr, ce qui devrait secouer les politiques, notamment ceux qui n’ont aucun respect pour nos martyrs et  qui lorgnent toujours les salafistes, feignant de garder un pied dans le camp des démocrates et tentant d’expliquer certaines attaques terroristes par de simples «actes de vengeance» suite à la torture subie, comme ce fut le cas pour le kamikaze des Berges du Lac à proximité de l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique. L’un des politiques de la 25 heures n’a pas trouvé mieux que de défendre la cause de ce terroriste, oubliant que la sécurité est la première des libertés dans un pays qui a connu les pires actes terroristes de son histoire avec la nouvelle classe politique post-révolution. Des accointances  sulfureuses qui  ne peuvent que  saper les efforts dans la lutte contre l’hydre terroriste.

La stratégie nationale de lutte contre le terrorisme adoptée en novembre 2016 et axée sur quatre piliers, à savoir la prévention, la protection, la poursuite et en dernier lieu la réponse, a montré ses preuves ces dernières années, acculant les terroristes à se retrancher dans les montagnes et à opter pour un nouveau modus operandi,   le «terrorisme low cost», à travers la perpétration d’attentats sans armes à feu mais à l’aide de couteau ou de voiture-bélier ou d’une moto, comme c’est le cas pour cette opération.  

La protection des forces armées, pas encore à l’ordre du jour!

Le projet de loi organique sur la protection des forces de sécurité intérieure et de la douane est toujours renvoyé aux calendes grecques. D’autres projets ont été jugés plus utiles par une ARP, plongée dans les différends et qui ressemble aujourd’hui beaucoup plus à une foire d’empoigne. On se moque comme d’une guigne des intérêts du peuple, comme le confirme ce projet de loi présenté par Al-Karama et qui vise à amender le décret-loi relatif à la liberté de la communication audiovisuelle et approuvé en juillet dernier  par la commission parlementaire des droits et des libertés.

La version finale du projet de loi sur la protection des forces de sécurité intérieure et de la douane a été adoptée en juillet 2020 par la commission de la législation générale mais la motion de censure contre le président de l’ARP n’a fait que reléguer son examen, pendant une séance plénière, à une date ultérieure.  

En perte de vitesse en Tunisie grâce aux prouesses des forces armées, la dernière attaque remonte au mois de mars dernier aux Berges du Lac. Deux  kamikazes ont déclenché leur charge explosive à l’approche des agents de sécurité, dont l’un est tombé en martyr.

Le 30 mai dernier, le président de la République a décidé de prolonger de six mois l’état d’urgence sur tout le territoire national.

Rappelons que l’état d’urgence se poursuit depuis le 24 novembre 2015 sur l’ensemble du territoire suite à l’attaque terroriste qui a ciblé un bus de la Garde présidentielle dans la capitale, faisant 13 morts et 16 blessés.

 

Crédit Photo : © Bechir TAIEB

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