La violence dans les établissements scolaires, et particulièrement dans les lycées, est devenue fréquente. D’où la nécessité de prendre les mesures nécessaires en vue de réduire ce phénomène qui inquiète de plus en plus les parents et le corps enseignant.

Les conditions d’études sont, de nos jours, difficiles, vu la violence qui ne cesse de s’étendre et de s’amplifier autour des lycées.  Cette situation s’est aggravée avec l’avènement du Covid-19.  Les lycées ont perdu de leur aura dans la mesure où la délinquance et l’agression physique et verbale sont devenues très fréquentes. Un  tour dans deux lycées nous permet de mesurer l’étendue de la violence et de voir si les élèves sont intéressés par les études  ou non. Au lycée de la rue de Russie et au lycée secondaire de la rue du Pacha, on frôle la catastrophe !

Ces élèves passent leur temps libre (entre deux cours) à se bagarrer au risque de se  blesser sous l’encouragement de leurs camarades de classe. On entend des gros mots prononcés à haute voix par des jeunes âgés de 15 à 18 ans. Quel avenir attend ces jeunes ?  En essayant de séparer les deux adolescents N et F en conflit, ces derniers n’ont pas voulu rentrer chez eux, vociférant des gros mots.  Finalement, l’un des adolescents choisit de rentrer chez lui alors que l’autre est resté sur place avec ses camarades car il n’a pas  trouvé où passer l’heure creuse.

Une jeune fille se plaint de la rue qui semble le seul espace pour ces élèves pendant leurs heures libres. « Le manque d’activités culturelles, l’absence de l’encadrement du staff éducatif pèsent lourd sur ces jeunes qui souffrent d’une sorte d’abandon. Délaissée, cette catégorie de jeunes finit par basculer dans la violence et la délinquance, ne s’empêchant pas, quand l’occasion se présente, de consommer les drogues qui deviennent, pour eux, un refuge ».

Cellule familiale fragilisée

 Par ailleurs, la cellule familiale est devenue fragilisée. Avec la disparition de l’autorité parentale, ces jeunes   traversent une crise  d’identité. Les parents quittent leur maison le matin pour aller au travail et ne rentrent que le soir. Ils ne trouvent pas le temps pour se réunir avec leurs enfants puisqu’ils reviennent fatigués après avoir terminé leur devoir professionnel à l’extérieur.

Une maman révèle avec un ton énervé : «Autrefois, l’école a toujours joué un rôle central, en tant que formateur de citoyens responsables et capables aussi de faire des choix judicieux  dans l’intérêt de la communauté. Maintenant, la complexité des crises politiques, sociales et économiques a contribué à générer un certain nombre de problèmes sociaux pour les lycéens ».

Un  autre parent s’est plaint de la dégradation des valeurs, notamment chez les jeunes. Aujourd’hui, la violence et la délinquance sont une réalité qui exige une solution urgente à laquelle doivent contribuer le système éducatif et la famille.

Les activités culturelles restent d’excellents outils qui permettent de renforcer le lien social entre les élèves et d’enrichir leurs connaissances. D’où la nécessité de prévoir des salles d’animation scolaire et d’apprentissage pour permettre aux élèves pendant les heures creuses d’apprendre et de réviser leurs leçons tout en s’adonnant à des activités saines sous la surveillance d’un encadreur.

 Les parents, eux aussi, ont un rôle prépondérant à jouer dans l’éducation de leurs enfants. Ils doivent intervenir dans le processus de formation et de développement de leur personnalité. Un enfant peut améliorer son comportement et apprendre à se maîtriser  grâce au suivi parental. Tous ces facteurs préviennent les fléaux de la déperdition, de l’errance, de la violence, voire de la délinquance sous toutes ses formes. Il est impératif de protéger nos adolescents contre tous les dangers qui les guettent avant qu’il ne soit trop tard.

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