Des lobbies exploitent des chambres froides non déclarées en contournant la loi.

Les ministères de l’Agriculture et du Commerce ont publié un communiqué pour informer les exploitants des chambres froides servant au stockage des produits agricoles ou des produits de la mer, qu’un délai d’un mois leur est accordé pour régulariser leur situation. Ils sont tenus de déclarer leur activité et le contenu des chambres froides qu’ils exploitent auprès des services compétents, faute d’être exposés aux sanctions prévues par les textes de loi régissant cette activité et qui interdisent tout stockage de marchandises pouvant entraîner une perturbation du ravitaillement du marché.

Très bien. Mais qu’y a-t-il de nouveau ? Cette façon d’agir n’a pas mis un terme aux manigances qui ont justement perturbé le marché et permis à de véritables lobbies de l’exploiter à leur guise. Ils ont leurs antennes partout et cela leur permet de prendre de vitesse tout contrôle que l’on projette. C’est ce qui explique leur longévité et leur enrichissement continu.

Le fait que l’ordre de contrôle est décidé à des centaines de kilomètres n’a pas donné jusque-là satisfaction. Le minimum de bon sens aurait été de changer de tactique pour rapprocher les contrôles des points de stockage, tout en prévenant l’installation de «chambres frigorifiques» non déclarées. Elles sont plus nombreuses qu’on ne le pense, bien encastrées dans les agglomérations sensibles et bien protégées par ceux qui sont prêts à tout pour gagner quelques dinars. C’est un fait et il ne faudrait pas le nier. Les descentes qu’effectuent les autorités compétentes le prouvent.

Nous avions suggéré de confier ces contrôles aux gouverneurs qui possèdent les moyens de le faire de manière continue, donc, plus fréquente et rigoureuse.

Cette décentralisation est de nature à responsabiliser les autorités régionales, tout en s’assurant une rapidité d’intervention face à laquelle il sera difficile de se soustraire. En l’état actuel des choses, ces «déclarations» ne reflèteront jamais la réalité de la situation et on continuera à manipuler ces produits agricoles, surtout les fruits. La pomme de terre, l’ail, les oignons, le raisin, les dattes, les oranges et bien d’autres encore sont en train d’atteindre des prix records.

Le temps de réagir, de prendre des décisions, d’effectuer des contrôles et de sanctionner, les jolis magots constitués seront bien à l’abri. Les sanctions, peu dissuasives, ne seront d’aucun effet sur ceux qui ont magistralement maîtrisé les procédures et les lois en vigueur.

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Charger plus par Kamel GHATTAS
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