LA situation se corse. La zone rouge s’étend d’un jour à l’autre. Le système de santé est submergé. Dans la plupart des établissements hospitaliers, la situation est jugée incontrôlable. Les derniers chiffres faisant état de la situation épidémiologique inquiètent autant qu’ils désolent. 1.442 nouvelles contaminations et 29 décès sur 3.243 analyses effectuées le 20 octobre.  Le taux de mortalité pour 100 mille habitants s’élève à 6,24%. Le nombre de malades admis aux soins intensifs au cours de la même journée s’est élevé à 168 personnes. La résurgence alarmante de la pandémie impose désormais un durcissement dans les mesures destinées à en limiter la progression. Mais entre prudence sanitaire et relance de l’activité économique, l’harmonisation des consignes et des recommandations semble difficile à mettre en place. Le Tunisien a autant peur pour sa santé que pour son gagne-pain. Tout dépend cependant des choix à faire. Des choix certes difficiles, mais qui peuvent à tout moment changer la donne. Sauver des vies, ou s’enfoncer encore davantage.

Les certitudes évaporées, on en vient aujourd’hui à constater les dégâts. Il est tout aussi regrettable d’avoir crié victoire très tôt, ou encore d’avoir fait des concessions sans tenir compte du relâchement que cela pouvait provoquer. On en a appelé à la responsabilité et à la conscience des citoyens, mais nonchalamment. Résultat : on a trop dévié pour être aujourd’hui prêt à rectifier le tir. Les constats et les conclusions n’étaient pas finalement aussi évidents qu’on le pensait. « La situation épidémiologique est grave », avertit le ministre de la Santé. « Il existe une grande pression sur la disponibilité des lits de réanimation », renchérit la porte-parole du ministère de la Santé, Nissaf Ben Alaya. Des informations font état aussi du manque d’oxygène dans les hôpitaux. Une hausse rapide du rythme des contaminations et des hospitalisations, ainsi que du nombre des décès. Le bilan est déroutant et il ne s’améliorera pas du jour au lendemain. Cette tendance et cette hausse, conjuguées à l’état du système de santé national et au non-respect des règles et des consignes de protection, font craindre le pire. La Tunisie est actuellement dans un équilibre très précaire qui peut basculer très vite. Si l’Etat reste incapable de ralentir la progression de l’épidémie dans les prochaines semaines, il devrait revoir les mesures adoptées jusque-là, quel que soit le prix à payer. Il n’est pas exclu qu’au cas où la stratégie continuerait à ne pas fonctionner et que la pandémie ne serait pas contenue dans les prochains jours, la situation échappe à tout contrôle.

Il serait ainsi risqué de continuer à vivre comme si tout était normal et sans respecter les mesures et les restrictions imposées. Pour le ministre de la Santé, « la seule solution pour nous en sortir est de se prémunir en attendant le vaccin ». Cela pourra-t-il suffire ? Bien des choses devraient cependant changer dans les choix, dans les rôles. Cela devrait résulter des effets conjugués de modalités et de stratégies bien pensées, mais aussi d’un passage obligé vers les exigences d’une nouvelle vie. D’un nouveau monde. Il est évident que le combat contre le coronavirus impose l’adhésion inconditionnelle de toutes les parties prenantes. Une mobilisation à toute épreuve et qui défie de nombreuses logiques. Mais pas celle de la solidarité dont a justement besoin aujourd’hui la Tunisie, sensible, il est vrai, au courage, à la volonté et à la détermination de ses hommes et de ses femmes. 

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