L’un des plus grands défis auxquels est confrontée aujourd’hui la Tunisie est la hausse de la criminalité. Une hausse qui n’a suscité que peu de réactions et qu’il faut nuancer avec une libération de la parole. C’est tout le niveau de la violence qui augmente en Tunisie. Le crime a fortement évolué tant quantitativement que du point de vue de la nature des délits et de la récidive. La passivité et l’inaction ont contribué à cette évolution.

Des actes, des faits et des pratiques blâmés dans le passé sont tolérés et acceptés aujourd’hui. L’autorité de l’Etat s’est nettement dégradée depuis 2011 devant l’affermissement de la démocratie et les principes de liberté. On est bien forcé de le reconnaître et cela inquiète autant qu’il désole : les meurtres, les violences aggravées et extrêmes, les vols, les faits divers macabres et les crimes sexuels font écho de l’incapacité de l’Etat à faire appliquer la loi. La réponse pénale laisse à désirer et continue à provoquer un sentiment et un désir de recommencement chez les malfrats. Un sordide constat, notamment dans un contexte de plus en plus favorable à tous les dépassements et aux excès en tous genres et un débat vaste autant que complexe. Les chiffres et les statistiques témoignent d’une inquiétante dégradation. Quasiment, tous les indicateurs sont au rouge.

L’impunité chronique et le non-établissement des responsabilités sont à l’origine de la hausse de la criminalité qui trouve sa raison d’être là où les droits de l’homme, y compris les droits sociaux, économiques et même culturels, ne sont pas protégés. Il est essentiel de combattre l’impunité pour appliquer la loi, ou la rétablir lorsqu’elle fait défaut. Dans ce genre de contexte, la volonté politique est déterminante.

La nature de la criminalité de ces dernières années se distingue de celle du passé. Des actes de violence choquants qui, de par leur complexité, intriguent autorités et simples citoyens. Le crime continue à « prospérer » et devient davantage permis dans les milieux défavorisés. C’est ce qui ressort des réflexions et des observations établies par un groupe de spécialistes qui a participé à un séminaire virtuel sur la hausse de la criminalité en Tunisie. Ils estiment que l’accumulation de facteurs psychologiques et socio-économiques au sein de la société favorise un environnement propice au crime sous ses diverses formes. La violence répétée au sein de la famille et l’absence du rôle de tuteur comme soutien contribuent aussi à nourrir les tendances criminelles chez «l’adulte de demain».

Sur le plan géographique, la plupart des régions ont connu une augmentation de la criminalité. Des villes et des milieux habituellement moins affectés par la violence sont aujourd’hui concernés. La mise à l’arrêt de l’activité économique et la récession expliquent cette nouvelle tendance qui s’accompagne justement de tensions élevées.

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