Dix ans après la révolution, les différentes régions attendent encore et toujours les réformes économiques et sociales dont elles ont de plus en plus besoin. La nécessité d’une politique économique pour consacrer la justice sociale se fait plus que jamais pressante. En dix ans, ce qui a été perdu, voire gâché, n’a fait que renforcer les inégalités sociales. L’absence de services publics, relatifs à la santé, l’éducation, l’investissement et l’emploi a encore renforcé ces inégalités. «L’heure est venue pour instaurer la justice économique et sociale et le gouvernement est décidé à y parvenir», préconise Hichem Mechichi. Le Chef du gouvernement annonce même la mobilisation des équipes de travail dans toute la République pour préparer des projets qui émanent de la réalité sociale de chaque région. La reconstruction sera certainement un enjeu décisif pour l’actuel gouvernement et la justice sociale déterminante pour assurer la paix et le développement durables.

Mais entretemps, l’hiver s’annonce «chaud» dans les régions. L’Union régionale du travail, relevant de l’Ugtt, prévoit une grève générale à Béja pour mercredi prochain. La même instance à Kairouan a déjà fixé une grève générale dans la région pour le 3 décembre. La zone industrielle de Gabès, qui produit 90 mille unités par jour, soit l’équivalent de la moitié de la production nationale quotidienne de bouteilles de gaz domestique, est fermée depuis 9 jours à cause des manifestations. Les autres zones industrielles de Tunis et de Bizerte sont dans l’incapacité de couvrir à elles seules la demande. Selon les experts, la zone industrielle de Gabès est plus vitale pour la sécurité nationale qu’El Kamour. A Kasserine, des sit-inneurs menacent de couper l’eau potable   

L’injustice sociale contribue aux protestations et à l’instabilité politique. Mais à la lumière des promesses non tenues, il n’est pas difficile d’affirmer que les gouvernements qui se sont succédé depuis dix ans ont dramatiquement échoué. L’absence de stratégie et de programmes bien élaborés ne peut en aucun cas être un phénomène naturel. Elle résulte des effets conjugués de connaissances insuffisantes, de modalités et de stratégies mal pensées. Mais aussi de l’abandon progressif des grands principes, des orientations et de la cohérence au profit des approches, où n’interviennent depuis de longues années et de façon générale que les opportunistes et les incompétents sur des projets qui ne prennent pas en considération la réalité et les exigences spécifiques à chaque région. On imagine ainsi le gâchis causé par un tel manquement. Pourtant, l’on ne cessait de parler de reconstruction. De réédification. De rétablissement des valeurs du travail. Mais l’on n’est jamais arrivé à faire face aux exigences du quotidien. Finalement, point de changement, et encore moins de progrès.

Une chose est cependant sûre : dans le contexte actuel, la réhabilitation des régions n’est pas pour autant facile. Le gouvernement Mechichi ne travaille pas dans la facilité. Les contraintes surgissent de toutes parts et dans certaines régions, des sphères, des administrations, des localités, des domaines, il faudrait certainement être plus qu’un responsable, plus qu’un instigateur. Plus qu’un gouvernant!…

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