Nécessaire pour  le sauvetage de notre pays,  la mobilisation totale de la population doit concerner  aussi nos concitoyens vivant à l’étranger. Le plan d’action concernant l’opération, qui reste lui  à concevoir et à mettre en œuvre, doit faire en sorte qu’ils doivent eux aussi être concernés, aussi bien en amont qu’en aval.

Afin de réaliser ces objectifs, la mobilisation doit s’étaler sur cinq bonnes années,  au moins, comme nous l’avons déjà expliqué dans nos précédentes contributions. Elle doit  permettre de réunir toutes les énergies humaines afin de favoriser d’une manière efficace et durable la construction du bon citoyen, le vrai. Elle doit permettre aussi de lutter contre tous les fléaux qui sont en train de ronger notre société et les éradiquer.

La mobilisation requise ne peut réussir que si elle est organisée et structurée, comme nous l’avons déjà expliqué. Sous l’égide de l’Armée nationale, pour les 18- 60 ans, grâce aux institutions éducatives pour les 6-18 ans et grâce aux organisations de la société civile pour le reste de la population (voir plus de détails dans notre précédente chronique).

Pour les Tunisiens vivant à l’étranger (1.400 mille personnes environ, essentiellement en Europe), la mobilisation doit se concrétiser essentiellement  au sein des associations. Ce qui laisse entendre qu’un effort supplémentaire de création d’associations est à faire surtout dans  des pays comme la France, l’Italie et l’Allemagne, dans les pays scandinaves, et aussi dans les pays asiatiques les plus avancés, en Amérique du Nord et en Australie.

Une stratégie spécifique pour chacun des pays du Grand Maghreb est à concevoir et à mettre en œuvre. Idem pour les pays subsahariens. Stratégies qui devraient être en harmonie entre elles sachant que nos frères des autres pays du Maghreb sont mieux implantés que nous dans cette région stratégique de l’Afrique.

Pour la Libye, une grande stratégie spécifique devrait voir le jour car il s’agit avant tout de mobiliser nos efforts désintéressés afin de participer activement au retour de la paix et de la stabilité dans ce pays frère et voisin considéré comme le prolongement géographique et humain du nôtre, puis de participer d’une manière rentable à sa reconstruction et à son progrès. La Tunisie a, en effet, accusé un manque à gagner terrible à cause des malheurs que ledit pays continue de vivre depuis 2011.

Pour les pays où le nombre de Tunisiens est faible ou n’encourageant pas la constitution de structures de la société civile (certains pays du Golfe), le réseautage électronique peut pallier cette carence. Dans les deux cas cités, l’Etat doit constituer des bases de données exhaustives,  par catégories afin de favoriser et de développer les contacts.

Mais la mobilisation ne doit pas concerner uniquement les individus, elle doit englober aussi les groupes et les collectifs, comme cela a été expliqué pour la population vivant sur notre sol. Les associations ayant des objectifs similaires ou proches  seront appelées à se réunir en réseaux ou en fédérations.

Au niveau local, et dans chaque pays d’accueil, une super-association devrait voir le jour. Elle réunira toutes les associations locales, toutes spécialités confondues afin de créer entre elles une grande synergie. Toutes les structures associatives seront enfin regroupées au sein d’une fédération générale pour qu’elles puissent assurer, entre elles, une coordination et une coopération efficaces. 

Les Tunisiens vivant à l’étranger doivent, par ailleurs, être incités à intégrer encore plus le tissu associatif des pays d’accueil afin de renforcer davantage leur position sociale. Ceux parmi eux jouissant de la nationalité du pays d’accueil  sont appelés, quant à eux, à mieux s’impliquer dans la gestion des affaires publiques et dans la vie politique.

Ceux qui sont rentrés définitivement au pays seront appelés eux aussi à se regrouper au sein de structures spécialisées afin de faire bénéficier notre pays de leurs connaissances, de leurs expériences et de leurs relations.

A chaque séjour dans  la patrie, nos concitoyens résidant à l’étranger seront appelés à participer à des séances d’évaluation et de prospection afin d’améliorer leurs différents apports pour le pays  ainsi qu’à des activités visant à renforcer leurs liens avec le pays. 

Un travail en profondeur est à effectuer afin de faire bénéficier le pays des ressources, tous genres confondus, que chacun de nos concitoyens, vivant à l’étranger, pourrait mobiliser au profit de notre patrie commune (fonds, connaissances, relations, etc.). Une stratégie spécifique doit être conçue dans ce sens.

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