D’après certaines sources au sein de l’Ugtt, le bureau exécutif de la centrale syndicale a reçu une invitation  de la part du Président de la République pour se réunir au sujet de cette initiative. Que veut Kaïs Saïed ? Pourquoi hésite-t-il toujours à superviser ce dialogue national ? Tire-t-il profit de l’actuelle crise et notamment de la dégradation de l’image du Parlement et des députés aux yeux des Tunisiens ? En tout cas, l’Ugtt et l’Utica sont sur la même longueur d’onde au sujet de la nécessité de tenir un dialogue national.

La Tunisie est toujours au cœur d’une crise multidimensionnelle mêlant absence d’entente politique, difficultés économiques et risques pandémiques accrus. En effet, entre divergences politiques à tous les niveaux, effervescence sociale et problèmes économiques, la situation en Tunisie reste inquiétante. C’est dans ce contexte que la centrale syndicale a décidé de s’activer pour voir le bout du tunnel, en proposant une initiative de dialogue national, restée, actuellement, au point mort.

Sauf que du côté de l’Union générale tunisienne du travail (Ugtt) on ne baisse pas les bras, les efforts sont toujours de mise pour faire avancer cette initiative et lui trouver le soutien nécessaire. C’est dans ce sens qu’une réunion a eu lieu récemment entre Samir Majoul, président de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica) et Noureddine Taboubi, secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (Ugtt). Une occasion pour discuter des moyens à même de sortir de cette crise que connaît le pays. Les deux parties ont souligné leur «engagement à œuvrer ensemble pour mettre en place une vision commune et consensuelle à même d’aider le pays à sortir de l’ornière tout en faisant prévaloir l’intérêt général».

Au fait, l’Ugtt ne fait que chercher du soutien à son initiative portant sur l’organisation du dialogue national car, pour elle, il s’agit de la seule issue pour voir le bout du tunnel d’une crise qui n’aura que trop duré. D’ailleurs, c’est cette initiative qui était au cœur de cette réunion, une occasion également pour rappeler l’expérience du dialogue national qui a permis à la Tunisie de surmonter la crise de 2013 et de recevoir le prix Nobel de la paix en 2015.

Face à l’absence d’une réaction positive de la part du Président de la République, Kaïs Saïed, qui refuse de mener un dialogue national avec «les corrompus et ceux qui ont volé l’argent du peuple», l’Ugtt peine encore à trouver un terrain favorable et à garantir les conditions de succès à son initiative. Or, pour la centrale syndicale, la Tunisie ne peut plus faire face à de pareilles conditions.

Que veut Kaïs Saïed ?

Or, d’après certaines sources au sein de l’Ugtt, le bureau exécutif de la centrale syndicale a reçu une invitation  de la part du Président de la République pour se réunir au sujet de cette initiative. Que veut Kaïs Saïed ? Pourquoi hésite-t-il toujours à superviser ce dialogue national ? Tire-t-il profit de l’actuelle crise et notamment de la dégradation de l’image du Parlement et des députés aux yeux des Tunisiens ?

En tout cas, ce qui est sûr, c’est que le locataire de Carthage n’est pas, actuellement, pour un dialogue national, car il n’y a présentement pas de conditions nécessaires à son succès. C’est ce qu’il a réitéré durant ces dernières semaines en évoquant l’impossibilité de mener un dialogue national en présence de certaines parties corrompues. Néanmoins, face à certaines pressions exercées par l’Ugtt et d’autres forces nationales, le Chef de l’Etat pourrait finalement accepter de concrétiser cette initiative mais conformément à des conditions portant notamment sur l’exclusion de certaines parties politiques. Il est utile de rappeler que cette initiative porte notamment sur les aspects sociaux et économiques du pays, et mise sur un «comité de sages», pour préparer les grandes lignes d’un tel dialogue qui, enfin concrétisé, pourrait en effet limiter les conséquences de cette crise multidimensionnelle. Sauf que loin de ses aspects socio-économiques, l’enjeu est parfaitement politique, dans la mesure où l’actuelle crise ne résulte que de mauvais choix politiques et de l’absence d’une entente et de consensus notamment sous la coupole du Bardo.

Des régions en colère

Une fois concrétisées, les recommandations de ce dialogue national devront en tout cas apporter des réponses et notamment des solutions à une population en colère. Actuellement, la Tunisie vit au rythme des sit-in, des grèves et des manifestations dans toutes ses régions. Après Kairouan, Béja et Jendouba, une grève générale sera d’ailleurs, observée dans le gouvernorat de Gafsa, le 7 janvier prochain. Face à la colère des régions, le gouvernement Mechichi a décidé d’adopter une nouvelle stratégie pour résoudre ces problèmes de développement notamment dans les zones intérieures du pays. Dans la continuité de cette stratégie participative comme le confirme La Kasbah, le Chef du gouvernement Hichem Mechichi a présidé, lundi dernier une séance de travail avec des représentants et des compétences du gouvernorat de Jendouba opérant dans divers domaines (économique, social, culturel,..). Pour Hichem Mechichi, «la question du développement régional demeure l’une des priorités de l’action gouvernementale et repose sur une approche participative associant les différents acteurs économiques et sociaux ainsi que les compétences de chaque région en vue de chercher les meilleures solutions pour impulser le développement et réaliser les projets programmés».

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