Quatre cent dix millions d’autochtones dépendent des forêts et plus de 180 millions de personnes de la pêche, à travers le monde. D’où la nécessité de renforcer l’économie verte en milieu rural en développant les sources et les alternatives de substitution aux schémas classiques de subsistance.

La surexploitation des ressources naturelles et leur dégradation, mais aussi les modifications de l’environnement causées par le changement climatique, font peser des menaces croissantes sur les écosystèmes et les services et avantages qu’ils fournissent, souvent appelés «patrimoine naturel». D’où la nécessité de rationaliser l’utilisation des richesses écologiques pour en tirer profit et assurer leur durabilité.

L’écologisation de l’économie rurale est essentielle pour améliorer la productivité des ressources et du travail, stimuler la lutte pour l’éradication de la pauvreté, accroître les possibilités de revenus et améliorer le bien-être des hommes et des femmes dans les zones rurales. La subsistance des populations rurales dépend souvent directement de l’environnement et des ressources naturelles, notamment dans des secteurs comme l’agriculture, la foresterie, les mines et le tourisme.

Une vie précaire en milieu rural

Dans ce contexte, M.Yassine Mchirgui, expert en environnement, a révélé que les communautés rurales dont la subsistance dépend le plus souvent du patrimoine naturel et notamment des sols, des forêts, des stocks de poissons et des écosystèmes sont souvent pauvres et ne bénéficient pas d’une protection sociale adaptée.

Ce sont donc elles qui paient le prix fort de la dégradation de l’environnement et du changement climatique. Les femmes sont les plus touchées par ces deux phénomènes. Elles sont considérées parmi les personnes les plus pauvres dans l’agriculture et le tourisme, et perçoivent des salaires modiques, sans parler des  difficultés relatives aux conditions de travail. Ces tendances aggravent les risques qui guettent les moyens de subsistance en milieu rural, provoquent une baisse de la productivité, génèrent la pauvreté et l’insécurité ainsi que les conflits pour l’accès aux ressources naturelles et provoquent l’exode rural vers les villes du littoral.

M. Mchirgui a ajouté que pour répondre à ces enjeux, il importe de concevoir des actions visant à préserver, restaurer et améliorer la qualité de l’environnement dans les zones rurales. L’une d’entre elles consiste à créer des emplois verts, c’est-à-dire des emplois intéressants, qui génèrent des bénéfices.

Les services de l’écosystème concernent l’approvisionnement en produits de consommation, la production de nourriture et d’eau; la régulation des ressources végétales, outre le contrôle du climat et des maladies, le soutien des cycles de production, etc. 

Notre expert a mentionné que ces emplois peuvent, par exemple, concerner la reforestation, la gestion des ressources en eau et des sols, l’agriculture biologique, le développement de sources d’énergie propre, l’écotourisme et le recyclage des déchets agricoles. Parce que les populations les plus touchées par la pauvreté sont  vulnérables et leurs subsistances dépendent de l’environnement.

Selon les estimations du Bureau international du travail (BIT), une augmentation continue des émissions de gaz à effet de serre jusqu’en 2050 provoquerait une baisse de la productivité économique mondiale de plus de 7%. Un certain nombre d’analyses et d’évaluations quantitatives ont par ailleurs démontré que le passage à une économie verte au niveau mondial pourrait générer 15 à 60 millions d’emplois supplémentaires au cours des deux prochaines décennies, et soustraire des dizaines de millions de travailleurs à la pauvreté, tout en entraînant d’importantes augmentations de la productivité et des niveaux de revenus pour les communautés rurales, a-t-il conclu.

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