Le paysage politique est un monde à part. Alors même qu’il est censé de façon naturelle consacrer l’intérêt national, il véhicule à lui seul tous les travers non contenus dans les valeurs et les idéaux de la Révolution.   

Dix ans de querelles est l’exemple type le plus flagrant de dérives politiques, de l’expression la plus antagoniste et la plus ambiguë du culte de l’individualisme. Dix ans de brouille et de désordre n’ont pas suffi et ne semblent pas finir. Et comme tout le monde à ses raisons et son avis pertinent sur la question, l’échange n’existe plus et on ne se pose plus les vraies questions. Carton rouge pour l’ensemble des protagonistes qui, par leur entêtement ont enfreint les principes sacro-saints dont devait s’inspirer la Tunisie post-révolution. Engagés dans un conflit au relent de règlement de comptes qui ne dit pas son nom, ils deviennent de plus en plus indifférents aux problèmes majeurs du pays. Pourquoi s’affronte-t-on quand tout peut se régler sans surenchère ? Si les personnes qui ont la parole et le pouvoir véhiculaient un autre discours, une autre attitude, si les règles allaient dans le sens du respect et de la décision, la Tunisie aurait de toute évidence connu un autre sort. En tout cas nettement meilleur que celui qu’on vit d’aujourd’hui.   

Il y a une question de culture générale adoptée ces dernières années et qui engendre l’excès et l’abus sans la moindre retenue. Une éducation différente qui oublie trop souvent la notion de respect et d’échange. Dans tout regroupement humain, il y a des moments de tension dus aux divergences, mais aussi à l’incompréhension. Mais l’ampleur du conflit actuel qui oppose les différents acteurs politiques est plus qu’une incompréhension. Il étale au grand jour un malaise refoulé de part et d’autre. L’intransigeance des protagonistes fait froid dans le dos. Ils se livrent « une guerre » sans merci, usant de tout. C’est tout simplement regrettable que des responsables censés collaborer et servir d’exemples se laissent entraîner dans des considérations qu’on a du mal à cerner.

La Tunisie aura fait un grand pas quand on verra les différentes parties concernées assumer le rôle qui leur incombe. Il ne faut pas, bien entendu, généraliser ce constat amer, mais il faut en prendre conscience et accepter de se regarder dans un miroir. Ce serait peut-être le début de mettre fin au blocage politique. Quoi qu’on en dise et que l’on en pense, tous les acteurs sont condamnés à travailler ensemble.

Cette crise au sommet de l’Etat, si l’on n’y prend pas garde, risque de nous mener loin. Elle est synonyme de rechute dans les méandres du marasme, puisque le seul perdant sera encore une fois la Tunisie. La situation empire à cause de multiples interférences aux desseins inavoués. En tout cas, le spectacle n’a que trop duré. 

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