Par Jalel MESTIRI
Rien ne vaut la volonté de vaincre, l’envie d’aller au-delà de soi-même, sportivement et athlétiquement s’entend. L’Espérance est en progression. Elle connaît aussi bien les contraintes du football que celles de son propre jeu. Dans ce genre d’entreprise, la force mentale et la continuité dans les résultats dépassent l’impact physique. Quelles que soient les épreuves, l’équipe a appris à optimiser ses points forts, une façon de suggérer encore et toujours que le réalisme et l’efficacité font toujours la différence.
Pour sa deuxième finale consécutive en Ligue des champions, l’EST fait rêver. Dans sa manière de jouer, dans ses différentes interpellations, elle est de plus en plus mieux perçue. Par amour aussi bien pour les performances que pour l’attrait des formules de jeu. Dans sa tenue globale, dans ses vertus collectives et individuelles, dans l’œuvre de son président et tout le reste, elle galope aujourd’hui au maximum de ses moyens et donne l’impression de dépasser ses propres limites. Il faut dire que la régularité dans le rendement n’est qu’un signe d’épanouissement. On reconnaît aux joueurs cette aptitude à pouvoir forcer la décision au moment voulu et au temps opportun. L’EST dégage autant de force que de talent. C’est cela l’équipe d’aujourd’hui et certainement de …demain.
Une finale de Ligue des champions d’Afrique est évidemment difficile: beaucoup de responsabilités, mais aussi de contraintes et d’obligations.
Mais l’EST est toujours là, bien disposée. Cela ne peut être qu’une réponse aux avis évoquant certains manquements dans le jeu offensif de l’équipe, sa mauvaise interprétation, son attrait relatif, ses perspectives. Les commentaires et les analyses ne feront jamais le tour ni des multiples réalités espérantistes ni les charmes toujours renouvelés d’une équipe condamnée souvent à mener le jeu et à ne pas le subir.
Aujourd’hui, c’est un bataillon qui est en ordre de marche et un ensemble qui vit autant d’espoirs que de certitudes. Quelque chose nous dit encore que les joueurs sont capables de dégager une plus grande tonalité et que partout la performance sera au rendez-vous.
On peut, certes, discourir longuement sur les concepts, les options et les considérations tactiques, ainsi que d’autres sornettes de ce type, comme celles qu’on a pu constater à l’EST lui permettent souvent d’exercer une pression constante sur ses adversaires. Il y a, au bout du compte, une certaine culture de jeu, une originalité sportive, une personnalité collective. La façon à la fois simple et décisive, le goût prononcé pour le mouvement, la faculté de trancher. Finalement, cette aptitude à gérer les matches met en évidence un état d’esprit plus qu’un mode de comportement. La réalité du terrain, de plus en plus haletante, est la seule qui compte.
Le parcours de l’EST nous fait quelque part oublier les dérives et les manquements de certaines autres équipes dans la compétition africaine. Elle s’est justement envolée à une altitude rarement atteinte, avec autant d’allure et de réalisme. Chose qui lui a ainsi permis d’additionner les satisfactions, d’emmagasiner de la confiance et d’installer un jeu qui prend chaque fois davantage de consistance. Cela, c’est ce que tout le monde voit, c’est ce que tout le monde retient. Mais c’est ce que l’Espérance accomplit de la manière la plus significative, la plus expressive.
L’image qu’elle renvoie est tout particulièrement celle d’une équipe capable de se transcender, d’ajouter une dimension à sa valeur en dépit de tout ce qu’elle peut rater des fois. Finalement, l’on se dit que les conditions favorables à l’épanouissement des joueurs « sang et or » sont surtout d’ordre compétitif. Il est en effet question de chercher à aller au-delà de ce qui existe, de faire face aux obstacles et de dépasser les insuffisances. La vocation même de l’équipe est dans cette quête perpétuelle de s’imposer et qui est intrinsèquement liée à la conquête du terrain. Un climat de certitude et de stabilité semble ainsi motiver joueurs, entraîneurs et président du club. Un climat de confiance en partage. Et donc une composante de la qualité du travail. Et surtout pas un à côté.
Le combat de l’EST dans cette finale de la Ligue des champions est celui de l’essentiel contre l’accessoire, de la passion face à la raison. En un mot: de la vérité contre le mensonge..

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